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Marseille : les policiers manifestent contre le manque de reconnaissance et de moyens

Les policiers ont mené une action ce vendredi au commissariat nord de Marseille, où ils ont jeté leurs menottes au sol. [Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Une grande manifestation est prévue devant de nombreux commissariats français mardi prochain, à l’appel du syndicat Un1té. Mais les fonctionnaires ont déjà mené une action ce vendredi au commissariat nord de Marseille, où ils ont jeté leurs menottes au sol.

Souffrance des agents, confrontés à un exercice de leurs fonctions toujours plus dangereux, manque de moyens humains et matériels, et impression de ne pas être reconnus, avec des salaires figés depuis dix ans : le malaise était profond chez les policiers à Marseille ce vendredi.

Des menottes, des codes pénaux et surtout des cartes de police jetés au sol. "C’est très, très fort. C’est un signal fort pour montrer vraiment notre désarroi. Il y a une souffrance, mais ça ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier, ça fait très longtemps. Les services qui débordaient, malheureusement, les suicides... Et c’est souvent oublié, en fait", témoigne anonymement ce policier avec onze ans de service.

Faire plus avec toujours moins

Le manque de considération est global, dénonce le porte-parole du syndicat Un1té, Eddy Sid : "Notre métier n’a jamais été aussi dangereux qu’aujourd’hui. Ça fait dix ans que les salaires sont bloqués. On a peu ou pas d’évolution de carrière. Il y a aussi moins de fonctionnaires de police qu’il y a vingt ans. C’est-à-dire que depuis, on a eu l’ultra-gauche, l’ultra-droite, le narcotrafic, la radicalisation religieuse. Les atteintes aux personnes ont augmenté de façon exponentielle. Et on n’a pas d’effectifs."

Résultat : des fonctionnaires quittent les rangs de la police. "Ce sont des gens qui veulent finalement quitter la police nationale, qui vont se rapprocher des polices municipales. Pour une raison simple : ils sont mieux payés que nous. Et évidemment, le matériel. Ils ont, des fois, de plus jolies voitures, de meilleurs gilets pare-balles. On va parler armement, ils ont des Glock pour la plupart. C’est-à-dire que nous, on est encore avec des Sig Sauer qui auraient dû être réformés depuis 2022", témoigne Arnaud Blaise, référent du syndicat Un1té du secteur nord de Marseille.

Et ces policiers annoncent des manifestations massives devant de nombreux commissariats français mardi prochain.