Alors que le gouvernement prépare un budget particulièrement délicat, Matignon dément tout arbitrage sur une éventuelle taxation de l'épargne salariale. Sébastien Lecornu a saisi la procureure de Paris pour identifier l'origine des fuites de documents de travail.
Le Premier ministre est confronté au périlleux exercice du budget. Le dernier de la mandature avant la présidentielle a pour objectif de ramener le déficit public à 5% du PIB. Parmi les pistes, la presse s'est fait l'écho d'une éventuelle imposition de l'épargne salariale, ce qui a déclenché un tollé. Mais Matignon répond que c'est faux et assure qu'aucun arbitrage n'a été rendu. Sébastien Lecornu saisit même la justice sur ces fuites.
Un rétropédalage du gouvernement
Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, l'avait pourtant reconnu le lundi 7 septembre : la mise à contribution de l'épargne salariale faisait partie des pistes étudiées pour le budget de la Sécurité sociale.
Mais face au tollé, Matignon rétropédale et assure qu'il ne s'agit que d'un document de travail. Le Premier ministre privilégierait même l'inverse : faciliter temporairement le déblocage de cette épargne. Sébastien Lecornu veut donc savoir d'où vient la fuite. Pour cela, il saisit la procureure de Paris par un signalement au titre de l'article 40.
Qui est visé ?
Malgré une fuite dans la presse, les journalistes ne sont pas visés, fait-on savoir dans l'entourage du Premier ministre, mais ce seront les auteurs de la transmission de ces documents de travail. La fuite est donc traquée au sein de l'administration. Matignon estime que les faits pourraient constituer un abus de confiance ou une violation du secret professionnel.
À quelques semaines du budget, Sébastien Lecornu veut donc frapper fort, marquer les esprits pris en interne et dissuader toute nouvelle fuite.