À seulement 17 ans, Zoe Florescu Potolea a déjà une idée très précise de son avenir. Europe 1.fr a rencontré à Zandvoort la jeune pilote roumaine, engagée pour la première fois en F1 Academy avec le soutien de Dirt Is Good, et qui rêve désormais de poursuivre son ascension jusqu’en Formule 1.
Il y a d’abord eu ce contraste. La veille, autour d’une table à Zandvoort, Zoe Florescu Potolea a parlé avec une assurance presque déconcertante pour une pilote de seulement 17 ans. Quelques heures plus tard, casque sur la tête et combinaison fermée, la Roumaine s’est retrouvée plongée dans son tout premier week-end de F1 Academy.
Europe 1.fr a pu la rencontrer aux Pays-Bas, où elle a participé à la manche de Zandvoort grâce à une wild card soutenue par Dirt Is Good, nouveau partenaire de la F1 Academy. Une occasion surtout de découvrir une pilote encore peu connue du grand public, mais qui a déjà derrière elle presque dix années de sport automobile.
Zoe Florescu Potolea a découvert le karting à huit ans, en Italie, avant de participer à sa première course en 2018. Après plusieurs saisons de compétitions nationales et internationales, elle a remporté en 2022 le programme FIA Girls on Track - Rising Stars, organisé avec Ferrari. Un résultat qui lui a notamment permis de bénéficier du soutien de la Ferrari Driver Academy pour poursuivre son développement.
"C’était génial"
Depuis, la Roumaine n’a cessé de monter les échelons. Elle est passée par la très exigeante catégorie KZ2 en karting avant de participer, en septembre 2025, au premier Rookie Test de la F1 Academy à Navarra. En 2026, elle a ensuite poursuivi sa transition vers la monoplace en participant notamment à la Formula Winter Series puis au championnat d’Espagne de Formule 4.

À Zandvoort, elle a pourtant dû presque tout redécouvrir. "C’était génial. Il s’est déjà passé énormément de choses et j’ai essayé de tout absorber", a-t-elle confié à Europe 1.fr le samedi, quelques heures après les qualifications de F1 Academy. Une séance particulièrement compliquée à gérer puisque la pluie a détrempé la piste avant que celle-ci ne sèche progressivement. Zoe Florescu Potolea s’est d’abord hissée provisoirement à la deuxième place avec les pneus pluie avant de chausser les pneus slicks dans les cinq dernières minutes.
Elle a finalement signé le septième temps, synonyme de première ligne pour la course à grille inversée. De quoi forcément satisfaire une pilote qui n’avait encore jamais couru dans cette voiture, ni même sur le tracé néerlandais. "Je n’avais jamais piloté cette voiture et ce circuit est vraiment très spécial. Il ne ressemble à rien de ce que j’avais connu auparavant", a-t-elle raconté à Europe 1.fr. Une accumulation de nouveautés qui ne l’a pourtant pas effrayée. "Le fait d’avoir dû autant m’adapter m’a vraiment mise au défi, et j’ai adoré ça", a ajouté la Roumaine.
"Seule fille dans le paddock"
Cette confiance, Zoe Florescu Potolea ne l’a pas acquise en quelques heures à Zandvoort. Elle l’a construite au fil des années et des compétitions, souvent dans des catégories où les filles ont été très largement minoritaires. "Quand vous êtes la seule fille dans le paddock, vous développez cette confiance pour aller défier les garçons", a-t-elle expliqué. "Ça s’est construit depuis que je suis plus jeune. Mais je suis aussi timide, donc il y a un équilibre", a ajouté la jeune pilote de 17 ans.
Le constat n’a rien d’exagéré. Dans une interview accordée au magazine spécialisé Vroomkart, la Roumaine avait déjà expliqué qu’elle s’était régulièrement retrouvée seule, ou presque, face aux garçons dans les catégories internationales les plus relevées du karting. Elle y défendait d’ailleurs une conviction : pour prétendre rivaliser un jour au plus haut niveau, les jeunes pilotes féminines doivent elles aussi aller se confronter aux catégories les plus exigeantes.

Cette détermination n’a pas empêché les périodes de doute. Et dans ces moments-là, sa famille a joué un rôle majeur. À Zandvoort, sa mère était encore présente à ses côtés. Un sujet qui a immédiatement fait sourire la jeune pilote. "Parfois, ils me calment, mais parfois ils m’énervent aussi", a-t-elle plaisanté à propos de ses parents. "Mais je sais qu’au fond, ils veulent ce qu’il y a de mieux pour moi. Il y a eu des moments où j’ai douté de moi et ils ont été là pour me pousser à repartir", a ajouté Zoé.
Un soutien particulièrement important dans une carrière commencée très jeune et qui a rapidement obligé toute la famille à parcourir l’Europe. Zoe Florescu Potolea a participé à plus de 50 épreuves au cours de ses trois premières saisons complètes et partage aujourd’hui son temps entre Bucarest, en Roumanie, et l’Italie.
Inspirer d’autres jeunes filles
À Zandvoort, elle a également découvert quelque chose de nouveau : une exposition beaucoup plus importante. Ses amies, qui ne suivaient pas forcément toutes le sport automobile auparavant, ont regardé sa course. "Je n’avais pas encore regardé mon téléphone mais je pense qu’il a dû exploser de messages. Elles ont toutes regardé", a-t-elle raconté. Et à seulement 17 ans, elle a déjà pris conscience de ce que cela pouvait représenter.
"Je pense que ce que j’ai fait a sûrement inspiré beaucoup d’autres jeunes filles. Et j’espère que ça va continuer comme ça", a ajouté Zoé. Son ambition personnelle, elle, est déjà connue : elle veut devenir pilote de Formule 1. "Je pense qu’il est grand temps qu’une femme fasse son retour en F1", a-t-elle notamment estimé, jugeant cette perspective "tout à fait possible" grâce notamment aux progrès réalisés autour de la F1 Academy et à l’augmentation du nombre de jeunes filles présentes sur les circuits.
"Nous avons travaillé longtemps pour en arriver là et voir tout se mettre en place sur un seul week-end, c’était génial", a-t-elle expliqué à Europe 1.fr. Mais la Roumaine a déjà regardé plus loin, puisqu’une wild card peut aussi servir de porte d’entrée vers une place à temps plein en F1 Academy la saison suivante.
"Si nous arrivons réellement à obtenir ça l’année prochaine, alors nous pourrons dire que le travail a été bien fait", a-t-elle poursuivi. Avant de résumer parfaitement son état d’esprit. "C’est une étape que j’ai franchie, mais ce n’est pas la dernière", a conclu la pilote. À 17 ans, elle préfère visiblement déjà regarder vers la prochaine étape.