Ce lundi 31 août, un animateur d'une école élémentaire du 15e arrondissement de Paris était jugé pour des agressions sexuelles commises sur neuf jeunes filles. L'homme a reconnu les faits, mais la défense a souligné qu'il n'avait pas respecté son injonction de soin, jusqu'à demander à repousser l'audience à l'année prochaine.
Le scandale du périscolaire parisien est désormais visible en justice, qui continue d'examiner les plaintes visant les animateurs. Sur les 200 répertoriés au total, les derniers dénouements judiciaires ont donné lieu à deux relaxes et une peine de prison avec sursis. De quoi susciter l'indignation et la colère des parents.
Aujourd'hui, c'est le quatrième procès en lien avec ce scandale, où un animateur de l'école élémentaire publique Vigée-Lebrun (15e arrondissement) comparaît pour agression sexuelle sur neuf victimes âgées de 6 à 10 ans.
Des comportements inadaptés
Visage dissimulé derrière un masque chirurgical, l'animateur dit regretter énormément les faits, qu'il reconnaît pleinement. "Je demande pardon à toutes les victimes et leur famille", a-t-il déclaré à la barre.
Interrogé sur les faits, l'homme de 38 ans, très frêle dans son costume mal ajusté, dit n'avoir aucun souvenir, mais ne remet pas en cause la parole des élèves. Celle de neuf petites filles qui disent avoir été touchées sur les fesses, sous le sexe, par leur animateur lors d'une sortie au bowling.
L'homme aurait déshabillé l'une d'entre elles à l'étude, quand une autre était debout sur une chaise, ou encore, sous le préau à l'abri des regards de ses collègues.
Des conversations en ligne avec des "pédophiles"
Des témoignages "câlins déplacés", précise le tribunal, alors que les consignes de l'établissement sont claires : ces contacts physiques sont proscrits.
Interrogé sur ces échanges en ligne avec des "pédophiles" selon ses mots, ce père d'un adolescent dit n'avoir aucun souvenir des contenus échangés. "Je n'y crois pas une seule seconde", s'agace une avocate des parties civiles. "Si vous étiez envahi de remords, vous auriez respecté votre injonction de soins", martèle-t-elle en pleine audience.
En effet, l'homme reconnu handicapé n'a suivi que deux consultations chez un psychologue, cet été, à l'approche de l'audience qu'il a tenté, tout à l'heure et devant les parents des victimes, de renvoyer à l'année prochaine. Une demande fermement rejetée par leurs avocats et le procureur de la République.