Une affaire de disparition défraie la chronique en Corée du Sud. Les autorités sud-coréennes ont annoncé l'arrestation d'un policier après la découverte de quatre corps de personnes sur l'île de Jeju. L'homme, chargé de l'affaire, avait classé sans suite leur disparition.
L'île de Jeju, le "Hawaï de Corée", fait la Une des journaux en Corée du Sud pour une affaire bien étrange. Quatre corps de personnes portées disparues ont été retrouvés sur l'île en l'espace de trois jours.
Les autorités sud-coréennes ont annoncé l'arrestation d'un policier. Cet enquêteur de la police locale, identifié sous le nom de Bu, est accusé par les autorités d'avoir classé sans suite plusieurs affaires de disparition.
Des mensonges à répétition
Le corps d'une femme âgée de 37 ans a été retrouvé lundi 24 août dans une plantation de palmiers à proximité de son domicile. Son compagnon avait signalé sa disparition au mois de mai dernier à l'agent Bu.
Selon le journal Korea Times, qui cite la police sud-coréenne, "le corps était dans un état de décomposition avancée". Pourtant, l'agent de police avait classé l'affaire de manière assez rapide indiquant que Jang Mi-ran était décédée à la suite "d'un accident de la route" alors qu'il avait indiqué à ses proches qu'il s'était entretenu avec elle.
Or, depuis la découverte de son corps, une autopsie a été réalisée. Si elle n'a pas permis d'établir avec précision les causes du décès, les enquêteurs privilégient la piste d'un suicide par pendaison. Les deux corps retrouvés sont toujours en cours d'identification.
Un profil qui interroge la police et les médias sud-coréens
Le 22 août, le corps d'un homme d'une soixantaine d'années a été découvert par les autorités locales. Identifié, l'homme avait été signalé comme disparu au début du mois de juillet, rapportent les enquêteurs.
Ces derniers apprennent que l'agent Bu avait annoncé à la famille du disparu qu'il lui avait parlé et qu'il ne voulait plus être en contact avec sa famille. Face à cette situation, la police sud-coréenne a arrêté l'agent Bu, lui reprochant d'avoir falsifié des documents.
De plus, depuis la découverte de ces affaires, la police et les médias sud-coréens se sont intéressés au profil du policier. Selon le Korea Herald, l'homme a fait l'objet de plusieurs signalements, notamment pour suspicion de violence domestique.
Une enquête disciplinaire avait été ouverte contre lui et il n'a reçu qu'un avertissement. À la mi-août, il a été relevé de ses fonctions après avoir fait l'objet d'une enquête ouverte après qu'il soit entré dans les toilettes pour femmes du commissariat de police.
310.000 affaires de disparition classées sans suite en cours de réexamen
Face à l'ensemble de ses découvertes, le gouvernement sud-coréen a constitué une cellule chargée de réexaminer près de 300 affaires de disparition que l'agent Bu a traitées l'an dernier. L'objectif est de rechercher d'autres affaires similaires.
Le président sud-coréen, Lee Jae Myung, de demander à son gouvernement de présenter un plan de réforme de la police. "Récemment, de vives inquiétudes sont apparues concernant un manque de discipline au sein de la police et de l'irresponsabilité dans la préservation de la sécurité publique", a-t-il déclaré.
Particulièrement scrutée, la police a annoncé qu'elle allait réexaminer environ 310.000 affaires de disparition classées sans suite lors des trois dernières années, a rapporté mercredi l'agence de presse Yonhap.