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Marseille : libéré de sa garde à vue, le député LFI Sébastien Delogu convoqué pour outrage

Sébastien Delogu. [Miguel MEDINA / AFP]

Placé en garde à vue ce jeudi, après son altercation avec des policiers à Marseille, le député LFI Sébastien Delogu a été libéré dans la soirée. L'élu insoumis a reçu une convocation pour outrage le 13 novembre prochain.

Le député insoumis de Marseille Sébastien Delogu a été gardé à vue pendant plus de huit heures jeudi avant d'être libéré avec une convocation pour outrage suite à une altercation avec trois policiers venus interpeller un suspect dans l'immeuble où il réside.

Pas de déclaration du député à l'issue de sa garde à vue

Arrivé sans un mot à 14 heures au commissariat central de la deuxième ville de France en compagnie de son avocat, le visage fermé et vêtu d'un costume bleu, il est ressorti par une porte dérobée vers 23 heures, s'engouffrant dans un taxi sans s'exprimer.

"La garde à vue a été levée. On ne fera pas de déclaration ce soir", a écrit dans un bref message à l'AFP l'avocat du député, Yones Taguelmint, tout en confirmant l'information d'une source proche du dossier indiquant que le député insoumis faisait l'objet d'une convocation pour outrage le 13 novembre. Sébastien Delogu a de son côté posté sur le réseau Instagram un message en forme de coeur blanc sur fond noir accompagné des mots "Tout va bien".

À écouterSébastien Delogu convoqué pour «outrage» le 13 novembre

Le parquet de Marseille avait confirmé dans l'après-midi le placement en garde à vue du député "dans le cadre de l'enquête de flagrance diligentée pour outrage sur personne dépositaire de l'autorité publique". Trois policiers avaient porté plainte contre le député suite à l'incident survenu lundi, le parlementaire déposant de son côté une plainte contre X pour injures et violences physiques.

Le député a entravé l'accès à son immeuble

Les faits se sont produits lundi vers 15h15 : trois policiers, à la recherche d'un homme soupçonné de vol de montre, tentaient de pénétrer dans l'immeuble où habite le député, qui les a croisé en rentrant chez lui.

Affirmant que les policiers n'avaient pas décliné leur identité, Sébastien Delogu a refusé de les laisser entrer avant de les retrouver quelques instants plus tard sur son palier, où les échanges ont dégénéré. Le parlementaire avait transmis aux médias des enregistrements vidéo partiels de l'incident. D'autres ont également circulé.

Selon la version du député, il rentrait dans sa copropriété et s'apprêtait à en fermer la porte laissée ouverte quand, a-t-il raconté à l'AFP, "une personne en habit de civil que je ne connais pas m'intime de la laisser ouverte. Je ne connais pas la personne, je ne lui fais pas confiance car on m'a déjà menacé, donc je refuse de la laisser ouverte".

"Ces personnes me suivent jusqu'à mon domicile, je leur demande leur carte de police. Ils me sautent dessus en me traitant de 'bon à rien'". Il affirme également que l'un des agents lui a lancé "'tu pues de la gueule'" et porté "un coup sur la poitrine".

À écouterSébastien Delogu en garde à vue : «Ils ont la violence au cœur de leur doctrine», juge Eric Naulleau

Une plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique"

De leur côté, les policiers ont porté plainte pour "outrage à personnes dépositaires de l'autorité publique", affirmant dans des PV qu'Europe 1 a pu consulter que Sébastien Delogu s'était opposé "physiquement" à leur entrée dans l'immeuble, avant de les traiter notamment de "bande de fatigués" ou encore, pour l'un d'eux, de "trou du cul".

L'homme recherché a été interpellé sans encombre dans un appartement situé en face de celui de Sébastien Delogu. Selon les déclarations des policiers, ils auraient eu plus tôt dans la journée un contact téléphonique avec Sébastien Delogu via une voisine, et le député leur aurait ensuite indiqué qu'il avait contacté le suspect pour lui indiquer que la police était à sa recherche. Sébastien Delogu, interrogé par message mercredi par l'AFP sur ces affirmations, n'avait pas répondu.

Sébastien Delogu doit comparaître dans une autre affaire en octobre

Le député des quartiers Nord de Marseille s'était fait connaître du grand public en brandissant un drapeau palestinien en séance à l'Assemblée nationale pour dénoncer la situation à Gaza en mai 2024, lui valant une exclusion temporaire de l'hémicycle.

Il a été condamné en 2025 pour "violences aggravées" à l'encontre de deux cadres de l'Éducation nationale en marge d'un blocus lycéen en 2023 à Marseille. Fin mai, il a porté plainte contre un homme qui l'aurait insulté, agressé et menacé de mort, lui reprochant ses positions contre le gouvernement israélien.

Il doit également comparaître le 21 octobre devant la justice pour avoir diffusé sur les réseaux sociaux des documents personnels d'un entrepreneur à qui il reprochait ses liens avec Israël.