L'emploi salarié est parvenu à résister à une conjoncture économique difficile au deuxième trimestre, a indiqué vendredi l'Insee. Dans le détail, environ 23.500 emplois ont été perdus sur le trimestre.
L'emploi salarié, avec un très faible recul dans le secteur privé et une stagnation dans le secteur public, est parvenu à résister à une conjoncture économique difficile au deuxième trimestre, a indiqué vendredi l'Insee, confirmant le chiffre pour le secteur privé publié fin juillet.
Dans le détail, 23.500 emplois salariés ont été perdus sur le trimestre, soit un très léger recul de 0,1%, selon un communiqué de l'Institut national de la Statistique. Au trimestre précédent, ils étaient restés stables.
"On poursuit un ajustement sur le marché du travail en France, qui est cohérent avec la montée du chômage et qui concerne à peu près tous les secteurs", réagit auprès de l'AFP Mathieu Plane, directeur adjoint du département analyse et prévision de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE).
Un contexte avec "beaucoup d'incertitudes"
"Mais finalement les chiffres sur l'emploi ne sont pas catastrophiques au regard de la dynamique du PIB du premier semestre", ajoute-t-il. L'Insee a revu à la baisse vendredi l'évolution du produit intérieur brut (PIB) en France, calculant désormais une croissance nulle pour le deuxième trimestre et un recul de 0,2% pour le premier.
"Dans ce contexte, il aurait été surprenant que l'économie française crée des emplois", considère Mathieu Plane. Il relève ainsi que les entreprises sont face à des "perspectives d'activités dégradées", "beaucoup d'incertitudes" -- tant nationales, avec les discussions budgétaires et l'élection présidentielle à venir, qu'internationales -- et des remontées de coûts de financement.
Dans le secteur privé, l'emploi salarié a reculé de 0,1% (-24.300 emplois), quand, dans le public, il est resté stable, avec 800 emplois supplémentaires.
La comparaison sur un an est plus défavorable: l'emploi salarié au total s'inscrit en recul de 0,3% par rapport au deuxième trimestre de 2025. Mais "il dépasse encore nettement son niveau d'avant la crise sanitaire, fin 2019 (+4,7% soit +1,2 million d'emplois)", souligne l'Insee.
Pour l'emploi privé, la baisse sur un an est de 0,4%, marquant un sixième trimestre consécutif de recul sur un an, tandis que dans le public, l'emploi salarié est quasi-stable sur un an (+0,1%), une stabilité nourrie par l'augmentation des contractuels quand l'emploi des fonctionnaires diminue.
L'emploi non-salarié poursuit sa croissance
Souvent considéré comme un indicateur de la tendance à venir du marché du travail, car plus facilement utilisable comme variable d'ajustement, l'emploi intérimaire a, lui, creusé son recul au deuxième trimestre de -1% (-1,7% sur un an). Les CDD et les contrats en alternance ont également diminué. "C'est un signal assez inquiétant qui pourrait marquer une dégradation plus forte du marché du travail dans les trimestres à venir", analyse Mathieu Plane de l'OFCE.
Désormais inclus par l'Insee dans sa communication trimestrielle, l'emploi non salarié a de son côté continué de nettement augmenter, avec 33.500 emplois supplémentaires sur le deuxième trimestre (+0,9%).
En cumulant emploi salarié et emploi non salarié, l'emploi en France est resté stable sur le deuxième trimestre (0,0%, 10.000 emplois supplémentaires) et est en légère hausse de 0,2% sur un an.