Invité de la matinale Europe 1-CNEWS, Jean-Philippe Tanguy a dénoncé les discours visant les plus aisés, qu’il juge dangereux pour la cohésion nationale. Le député RN de la Somme accuse une partie de la classe politique "d’opposer les Français les uns aux autres".
Jean-Philippe Tanguy dénonce une rhétorique dangereuse contre les plus aisés. Invité de la matinale Europe 1-CNEWS, le député Rassemblement national de la Somme a vivement critiqué l’idée d’une "chasse aux riches", qu’il juge révélatrice d’un climat politique de plus en plus violent. "C’est très inquiétant, cette notion de chasse aux riches", a-t-il lancé au micro de Laurence Ferrari. Le député RN réagissait notamment à des propos venus de la gauche, visant selon lui les plus fortunés et les entrepreneurs. Jean-Philippe Tanguy s’est particulièrement inquiété de l’emploi de certains termes pour désigner des catégories de Français.
"Nuisibles, ce sont vraiment des termes d’extrémistes, de gens totalitaires qui veulent littéralement éliminer une partie de la population", a-t-il estimé. Pour le député de la Somme, ces mots sont d’autant plus graves qu’ils visent des personnes qui peuvent, selon lui, contribuer à la richesse nationale. "C’est une violence pour des gens qui créent de la richesse, qui créent des emplois, créent des entreprises", a-t-il poursuivi, citant aussi les innovateurs, les inventeurs ou les acteurs de révolutions scientifiques et technologiques.
"Je trouve que c’est assez sordide"
"Ce n’est pas parce qu’on est riche qu’on doit se faire insulter", a-t-il insisté. Interrogé sur le seuil à partir duquel une personne pourrait être considérée comme riche aux yeux du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy a refusé de fixer une limite précise. "Moi, je n’ai pas donné de limite parce que j’estime que ce n’est pas à un homme politique de désigner : toi tu es riche, toi tu n’es pas riche. Je trouve que c’est assez sordide", a-t-il répondu.
Le député a toutefois précisé que les débats fiscaux portaient plutôt, selon lui, sur les patrimoines très élevés, de plusieurs dizaines de millions d’euros. Mais Jean-Philippe Tanguy dit refuser une lecture de la société divisée entre "riches" et "pauvres". "Je n’aime pas classer la société française entre riches, parce que riche, ça veut aussi dire qu’on peut désigner des pauvres", a-t-il expliqué. Selon lui, cette logique alimente une stigmatisation permanente des Français selon leur situation sociale, leur âge ou leur statut professionnel.
"La classe politique française, qui a échoué sur tout"
Le député RN accuse plus largement la classe politique française d’avoir échoué et de chercher à masquer ses responsabilités en divisant le pays. "La classe politique française, qui a échoué sur tout, passe sa vie, pour se défausser et faire diversion, à opposer les Français les uns aux autres", a-t-il dénoncé. Jean-Philippe Tanguy a également défendu la cohérence de la ligne économique du Rassemblement national, malgré les nuances entre Marine Le Pen et Jordan Bardella. Selon lui, les deux responsables travaillent "en parfaite harmonie" autour d’une même doctrine : le "patriotisme économique", le "produire en France" et la "justice sociale".
"Il y a une femme d’État qu’on espère présidente de la République, il y a un homme d’État qu’on espère Premier ministre, mais ce ne sont pas des clones", a-t-il affirmé. Le député estime que Jordan Bardella permet "d’élargir le spectre politique" de Marine Le Pen, tout en donnant une autre expression à la même ligne politique. Sur les retraites, Jean-Philippe Tanguy a de nouveau critiqué Emmanuel Macron et les socialistes, estimant que leurs réformes successives ont paralysé le pays sans régler les déficits sociaux.
Il assure ne pas vouloir que la France reste "encore paralysée pendant dix ans" sur ce sujet. Pour le député RN, le cœur du projet de son parti reste donc de rassembler plutôt que de diviser. "Nous, ça ne nous intéresse pas. On est tous dans le même bateau", a-t-il conclu, assurant que Marine Le Pen serait, selon lui, "le capitaine du navire France".