Sébastien Lecornu poursuit ce jeudi sa visite de deux jours à Mayotte. Une visite sous le signe de la reconstruction, plus d'un an et demi après le passage de Chido, et face à une immigration illégale toujours plus forte. Alors, face à la situation, Mayotte devient un laboratoire géant pour le monde politique.
Sébastien Lecornu poursuit sa visite à Mayotte. Sa première journée sur l'archipel a été marquée par la lutte contre l'immigration clandestine, enjeu majeur dans le 101e département français. Alors, dans le sillage d’Edouard Philippe, Sébastien Lecornu veut lui aussi occuper le terrain et démontrer qu’il peut apporter des réponses à la crise migratoire.
Le Premier ministre a ainsi débuté sa visite en menaçant de revoir l’aide publique au développement versée à sept pays - les Comores, le Burundi, la Tanzanie, la République démocratique du Congo, le Rwanda, la Somalie et le Kenya - s’ils n’atteignent pas des objectifs précis en matière migratoire.
Un territoire acquis à Marine Le Pen
Une manière de ne pas totalement laisser le champ libre aux candidats déclarés à la présidentielle. En mars dernier sur l’archipel, Bruno Retailleau réclamait une révision de la Constitution.
De son côté, Édouard Philippe, lors de son premier déplacement de campagne, proposait de suspendre l’enregistrement des demandes d’asile, le droit du sol et le regroupement familial. Mayotte est donc un laboratoire : on y teste des exceptions avant d’envisager de les étendre.
Un territoire perçu comme le Ceuta français, mais aussi comme une forteresse électorale de Marine Le Pen : la candidate du RN y avait recueilli près de 60% des voix au second tour en 2022. À Mayotte, la course à la fermeté est lancée. Et Marine Le Pen part avec une longueur d’avance.