Plusieurs dizaines de milliers d'employés du constructeur automobile Hyundai Motor en Corée du Sud ont observé vendredi une grève inédite depuis 10 ans pour réclamer des hausses de salaires.
Plusieurs dizaines de milliers d'employés du constructeur automobile Hyundai Motor en Corée du Sud ont observé vendredi une grève inédite depuis 10 ans pour réclamer des hausses de salaires, sur fond d'inquiétudes et de revendications nourries par l'intelligence artificielle.
Le syndicat des travailleurs de l'industriel estime que 40.000 ouvriers et employés de bureau participent à ce mouvement, qui devrait interrompre la production du groupe dans toutes ses usines du pays.
Un mouvement historique
Il réclame en particulier une hausse de 50% des primes de performance et un relèvement de deux ans de l'âge de la retraite pour toucher plus longtemps les rémunérations. Une telle augmentation des primes "ne constitue pas une exigence excessive" au vu des bénéfices dégagés par le groupe, a insisté le syndicat dans un communiqué transmis à l'AFP.
Le constructeur a indiqué à l'AFP ne pas pouvoir "accepter les exigences du syndicat". Les négociations entre les syndicats et la direction durent depuis mai, sans résultat. Les employés avaient déjà observé des débrayages de quatre heures par jour pendant trois jours en juillet, mais cela fait 10 ans qu'ils n'avaient pas cessé le travail une journée entière.
Ce conflit social intervient dans un contexte d'inquiétudes croissantes concernant la sécurité de l'emploi dans le secteur, au vu des progrès de la robotique et de l'intelligence artificielle (IA).
Revendications salariales face au boom de l'IA
Hyundai prévoit de déployer des robots humanoïdes dans ses usines américaines à partir de 2028. L'entreprise n'a pas dévoilé de projet visant à les introduire dans ses usines sud-coréennes, mais plusieurs experts estiment que ce n'est qu'une question de temps.
Dans le même temps, le boom de l'IA a dopé les géants technologiques sud-coréens et soutenu par ricochet l'économie nationale, alimentant les revendications salariales.
En mai, les salariés du géant sud-coréen des puces mémoire Samsung Electronics ont renoncé à une grève à la suite d'un accord avec la direction prévoyant, pour certains d'entre eux, une colossale prime annuelle liée au boom de l'IA.