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«Je pense que c'est très dangereux» : la facture électronique, prochaine cible des hackers ?

[© Pexels]

En plein contexte de cyberattaques, la facture électronique pour les entreprises qui doit être rendue obligatoire en septembre interroge. Pour bon nombre de patrons, cette transition numérique représente un risque majeur face à des hackers toujours plus rusés. 

Face aux cyberattaques contre différentes plateformes gouvernementales, faut-il craindre un nouveau risque cyber contre les factures électroniques ? À partir du 1er septembre, les entreprises, qu'importe leur taille, ont l'obligation de passer à la facturation électronique. 

Au total, près de 10 millions de structures sont concernées et les patrons s'inquiètent face à des pirates qui ont déjà débuté leurs actions. Attaqué cet été pour la 1ère fois, quelques jours après le piratage des données de la DGFIP, Jean-Marc Barki patron de la PME Stikoïa, n'était déjà pas rassuré. Et l'arrivée de la facturation électronique n'arrange rien.

"Avec ce qu'il vient de se passer, la question c'est comment on peut avoir confiance ? On va être obligé de le faire parce que c'est la loi mais avec quelle garantie de sécurisation de nos données ?", s'interroge-t-il au micro d'Europe 1. "Si l'Etat est hacké ou qui que ce soit est hacké, cela veut dire que nos concurrents pourraient avoir la totalité de nos clients, de nos factures, nos prix, nos marges, etc. Je pense que c'est très dangereux", s'alarme-t-il.

Des campagnes de phishing déjà actives 

Les pirates n'ont pas attendu le 1er septembre puisque des attaques existent déjà et profitent de cette période de transition constate Enzo Morin, expert cyber de Dattak, qui aide les entreprises à anticiper ces risques. 

"On a déjà vu ces derniers temps quelques campagnes dans l'écosystème cyber qui pouvaient usurper toutes ces plateformes agréées", souligne l'expert. "Ainsi, l'un des premiers risques que l'on a identifié, ce n'est pas forcément sur la facturation en tant que telle, c'est sur le phishing lié à la migration justement vers ces nouveaux outils". 

Pour se prémunir, il est conseillé de bien vérifier qu'il y a un humain derrière une demande et de toujours instaurer une double vérification, même pour des transactions qui paraissent anodines.