Après les annonces de Sébastien Lecornu, les élus des communes touchées par les incendies en Gironde saluent certaines mesures, mais restent prudents. Plusieurs d'entre eux attendent désormais des réponses concrètes, notamment sur l'indemnisation et les risques d'inondation.
Une conférence de presse très attendue. À Mérignac, près de Bordeaux, lundi 17 août, Sébastien Lecornu est venu apporter des réponses et des solutions aux départements touchés par les importants incendies qui ont frappé la Gironde et les Landes cet été. Le Premier ministre a assumé de "sortir l'artillerie lourde".
Il a notamment annoncé un fonds de 12 millions d'euros, dont dix millions pour la Gironde et deux millions pour les Landes. Autour de la table, de nombreux élus étaient présents. À l'issue de cette réunion de trois heures, ils sont partagés entre espoir et attente.
"Il y a des bases de travail, mais ce ne sont que des bases de travail"
Le maire du Porge (Gironde), Martial Zanninetti, sort satisfait des discussions. Sa commune a été touchée de plein fouet par les incendies, avec près de 200 maisons brûlées. "On a le sentiment véritablement que l'État est à nos côtés. Il y a tout un dispositif qui se met en place, avec des annonces (...) en grande partie attendues. Maintenant, il faudra que tout cela se concrétise", souligne l'édile.
Des annonces convaincantes également pour les habitants qui ont perdu leur maison, pour l'environnement ou encore pour le tourisme.
En revanche, les sylviculteurs, professionnels qui gèrent les espaces forestiers, ne sont pas convaincus, pointe Olivier Halard, maire du Temple (Gironde) : "Pour l'instant, on ne sait pas du tout, en termes d'indemnisation, ce qui va se passer. Aussi bien pour les communes impactées, parce qu'on a des communes qui sont propriétaires de forêts, et puis on a des sylviculteurs privés qui ont également tout perdu. Il y a des bases de travail, mais ce ne sont que des bases."
Le maire regrette de ne pas avoir pu prendre la parole, tout comme Xavier Daney. L'édile d'Arès aurait aimé aborder les risques d'inondation. "Un pin pompe 40 litres par jour. Je fais un calcul rapide : 4.000 hectares qui ont disparu, 270 pins à l'hectare, et on voit les millions de litres d'eau qui ne seront pas pompés chaque jour pendant la période où il va pleuvoir", déplore le maire.
Pour lui, il sera nécessaire de faire des travaux en forêt afin de prévoir des bassins pour capter l'eau avant qu'elle n'arrive dans les villages.