Une centaine de vols EasyJet sont annulés ce week-end en France en raison d'une grève massivement suivie du personnel de cabine, qui dénonce des plannings sans cesse remaniés, parfois modifiés la veille pour le lendemain.
EasyJet a annulé une centaine de vols au départ de la France ce week-end des 14 et 15 août, en raison d'une grève massivement suivie du personnel de cabine. Les salariés dénoncent des plannings constamment remaniés, parfois modifiés la veille pour le lendemain.
"Environ 100 vols prévus pour l'ensemble du week-end ont été annulés à l'avance", a indiqué une porte-parole de la compagnie britannique à bas coût, précisant que des solutions alternatives, comme un transfert gratuit vers un autre vol, ont été proposées aux clients. Selon le site internet d'EasyJet, au moins 98 vols sont annulés sur le week-end, dont 47 samedi et 51 dimanche, soit plus de la moitié des vols initialement programmés.
William Bourdon, responsable du syndicat SNPNC-FO, précise que 68 % des quelque 340 personnels navigants commerciaux prévus ce week-end se sont déclarés grévistes, avec de fortes disparités selon les bases. Trente vols sont ainsi annulés à Lyon, 23 à Roissy-Charles-de-Gaulle et 5 à Bordeaux. La base lyonnaise, qualifiée de "martyre" par le syndicaliste, est suivie à 80 %.
Des plannings jugés instables
"Notre revendication principale, c'est la stabilité des plannings", explique William Bourdon. Il cite l'exemple de certains personnels lyonnais confrontés à 50, voire 60 changements de planning par semaine, souvent décidés 24 à 48 heures avant les vols. "Pour tout ce qui est vie personnelle ou garde d'enfants, c'est extrêmement compliqué de s'organiser", ajoute-t-il, décrivant un système de réaffectations en chaîne qui génère, selon lui, une "angoisse permanente" chez les salariés.
L'intersyndicale d'EasyJet France a appelé à la grève les 14 et 15 août après l'échec des discussions avec la direction sur l'amélioration des conditions de travail, dans le cadre d'un préavis plus large couvrant la période du 7 août au 2 septembre.
La direction dénonce une action "opportuniste"
De son côté, EasyJet avait appelé les syndicats à "renoncer à cette action opportuniste à une période aussi importante de l'année" que ce week-end du 15 août, particulièrement chargé. La compagnie affirme avoir soumis des propositions d'ajustements pour répondre aux demandes syndicales, avec des négociations prévues en septembre.
Un précédent appel à la grève avait eu des conséquences limitées lors du lundi de Pâques, en avril, la direction ayant alors proposé des primes exceptionnelles aux personnels acceptant de travailler. Un scénario que William Bourdon assure ne pas voir se reproduire ce week-end, estimant que la prime aurait coûté à la compagnie deux fois plus cher que la grève elle-même.
Deuxième compagnie aérienne en France en nombre de passagers derrière Air France, EasyJet a fortement développé ses activités dans le pays ces dernières années.