Alors qu’ils restent mobilisés sur les incendies, les pompiers sont appelés à la grève ce jeudi pour dénoncer le manque de moyens et d’effectifs. Ils réclament des financements d’urgence et un nouveau fonctionnement de leur profession.
Ils sont en première ligne face aux incendies, mais veulent aussi faire entendre leur colère. Les pompiers apellent à la grève ce jeudi, alors que les soldats du feu restent mobilisés sur plusieurs fronts. En cause : le manque de moyens, le manque d’effectifs et des conditions de travail jugées de plus en plus difficiles.
Les pompiers tirent la sonnette d’alarme et réclament un changement profond du fonctionnement de leur profession. Pour Manuel Coullet, secrétaire général du syndicat Sud Sdis, la situation ne peut plus durer. "Ce n'est plus possible de faire comme cela. On va finir par disparaître", alerte-t-il au micro d’Europe 1.
Le représentant syndical refuse les simples marques de reconnaissance symbolique. "Les médailles, on n’en veut pas. Nous, ce dont on a besoin pour vivre, c’est des moyens pour bosser", insiste-t-il. Les pompiers demandent notamment des financements supplémentaires pour la sécurité civile, à la fois des financements d’urgence et des financements pérennes pour les années à venir.
"On fait tout ce que les autres ne font plus"
Au cœur des revendications figure aussi la question des effectifs. Manuel Coullet réclame "des collègues en plus pour armer les camions de manière régulière". Selon lui, la mobilisation devrait être très suivie, car "les agents en ont marre". Les pompiers dénoncent également une perte de sens dans leur quotidien.
"On fait tout ce que les autres ne font plus", regrette Manuel Coullet. Il cite notamment certaines interventions éloignées de leur cœur de métier, avec parfois "45 minutes de route pour aller faire un message cardiaque", une situation qui, selon lui, "n’a plus de sens". Cette dégradation des conditions de travail aurait aussi des conséquences sur l’attractivité du métier.
"Depuis ces dernières années, on n’a jamais eu autant de départs de collègues professionnels qui quittaient la profession", souligne le secrétaire général de Sud Sdis. Face à cette mobilisation, le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez a annoncé qu’il recevrait à la mi-journée les représentants des pompiers.