Dix jours après l’arrivée de quelque 72.000 migrants à Ceuta, les autorités espagnoles redoutent un nouvel afflux en provenance du Maroc le 15 août. Face à ce risque, les autorités espagnoles ont renforcé leur dispositif de sécurité dans l’enclave.
À Ceuta, les autorités espagnoles restent en alerte. Une dizaine de jours après l’arrivée massive de migrants venus du Maroc, la crainte d’une nouvelle tentative de passage se concentre désormais sur le 15 août prochain.
Le président de l’enclave espagnole, Juan Jesús Vivas, continue de décrire une situation particulièrement difficile. "La situation reste intenable… inacceptable…", alerte-t-il. Le 30 juillet, environ 72.000 personnes sont entrées à Ceuta depuis le Maroc, selon les chiffres communiqués par les autorités espagnoles.
Mais les autorités surveillent désormais un autre phénomène : des appels diffusés sur les réseaux sociaux en faveur d’une nouvelle tentative de passage, le 15 août.
L'Espagne muscle sa frontière
Selon un rapport attribué à la Guardia Civil et révélé par les médias espagnols, le risque d’un nouvel afflux est pris au sérieux. "Le risque est réel", avertit le rapport. Les enquêteurs surveillent notamment les publications diffusées sur Instagram, TikTok, Facebook, WhatsApp ou encore Telegram.
Plusieurs messages appellent les internautes à se retrouver à proximité de la frontière marocaine pour tenter ensuite de rejoindre Ceuta. "Rendez-vous ce jour-là, nous passerons ensemble", peut-on notamment lire dans l’une des publications relayées dans le cadre de cette mobilisation en ligne.
La date du 15 août apparaît à plusieurs reprises dans des groupes et comptes suivis par les autorités. Des médias espagnols ont également constaté la multiplication de contenus appelant à une nouvelle entrée massive dans l’enclave. Pour autant, la présence de ces messages ne permet pas, à elle seule, d’affirmer qu’une nouvelle arrivée massive aura effectivement lieu.
Face à cette menace, les autorités espagnoles ne prennent aucun risque. Deux mille militaires, trois cents policiers anti-émeutes, 4 navires et 1 hélicoptère sont déployés à Ceuta. Autre mesure spectaculaire : l'installation de barrages flottants pour étendre la frontière et empêcher les traversées à la nage. Les autorités espagnoles et marocaines annoncent également renforcer leur coopération policière.