Un nouvel épisode caniculaire s’installe en France, avec 22 départements du Centre et de l’Est placés en vigilance orange, ce lundi 10 août. À Lyon, une association a recruté deux "CDD canicule" pour rendre visite aux personnes âgées isolées et prévenir les risques de déshydratation.
C’est déjà le cinquième épisode caniculaire de l’année. En ce début de semaine, la chaleur s’installe de nouveau sur une partie de la France, avec 22 départements du Centre et de l’Est placés en vigilance orange à partir de ce lundi midi. Le département du Rhône fait partie des territoires concernés, dans une région où les températures estivales deviennent de plus en plus difficiles à supporter.
À Lyon, pour protéger les plus fragiles, l’association "Service, maintien à domicile" a décidé de renforcer son dispositif. Elle a recruté deux "CDD canicule" pour l’été, chargés de rendre visite aux personnes âgées. L'objectif est de s’assurer qu’elles s’hydratent correctement, repérer les premiers signes de malaise et éviter que leur état de santé ne se dégrade.
"Vous n’avez pas trop chaud ?"
Au moins quatre fois par semaine, Mathis, étudiant en troisième année de médecine, se rend ainsi chez Maryse, 82 ans. Dans son appartement, la chaleur est difficile à supporter. La retraitée n’a ni climatiseur ni ventilateur. "Vous n’avez pas trop chaud ?", lui demande-t-il en arrivant. Avant de repartir, il lui rappelle aussi de boire régulièrement. "Pensez bien à boire quand même", insiste-t-il. Maryse s’exécute aussitôt : "Ça y est, j’ai bu".
Le rôle de Mathis ne se limite pas à une simple visite de courtoisie. "Notre rôle, ça va consister à ouvrir les fenêtres pour faire des courants d’air au maximum le matin, aller chercher des bouteilles d’eau, proposer des gants mouillés, surveiller tous les signes qui peuvent faire penser à une déshydratation ou à un mal-être", explique-t-il.
"J’ai vraiment besoin d’eux"
L’objectif est d’intervenir avant qu’une situation ne devienne critique. "Il faut veiller à ce qu’on n’en arrive pas à un extrême où on doit contacter les urgences", poursuit l’étudiant en médecine. Pour Maryse, ces visites sont devenues indispensables pendant les fortes chaleurs. "L’après-midi, c’est en plein soleil, c’est horrible. J’ai vraiment besoin d’eux. Si je n’avais pas tous ces gens, je serais toute seule", confie-t-elle.
Mais le financement de ces postes reste incertain. Selon Marie Poncet, directrice générale de SMD Lyon, l’État s’était engagé oralement fin juin à financer ces CDD canicule. Pour l’heure, l’association attend toujours des garanties. Elle plaide pour que ces visites supplémentaires soient reconnues comme un véritable outil de prévention.
"À domicile, certaines personnes ont une visite ou trois visites par semaine, beaucoup trop peu par rapport aux besoins de s'hydrater plusieurs fois par jour. Ce qu’on demande, c’est que ce soit considéré comme une mesure de santé publique, que l’État s’engage", insiste Marie Poncet.
Pour l’association, ces passages réguliers permettent d’agir avant l’urgence. En repérant plus tôt les signes de déshydratation ou de fragilité, ces visites peuvent éviter des hospitalisations et limiter l’engorgement des services d’urgence lors des épisodes caniculaires.