Le tribunal administratif a suspendu les arrêtés instaurant un couvre-feu pour les moins de 16 ans dans quatre communes de la Loire. Une décision contestée par les maires et une partie des habitants, qui estimaient que la mesure avait déjà permis de réduire les nuisances.
Les mineurs de moins de 16 ans peuvent de nouveau circuler librement la nuit à Saint-Chamond, Villars, La Talaudière et Saint-Priest-en-Jarez dans la Loire. Le tribunal administratif a suspendu les arrêtés municipaux instaurant un couvre-feu, estimant que les communes ne justifiaient pas de circonstances locales suffisantes pour restreindre la liberté de circulation des mineurs.
Mise en place début juillet, la mesure visait à lutter contre les rassemblements nocturnes et les troubles à l'ordre public.
Des habitants regrettent une mesure jugée efficace
À Saint-Chamond, la décision est accueillie avec incompréhension par plusieurs riverains, qui estiment que le couvre-feu avait déjà produit des effets.
Dans le quartier résidentiel de Fonsala, Marie-Madeleine, 79 ans, assure avoir constaté une amélioration : "Il y avait encore des nuisances, mais les jeunes rentraient plus tôt, ils étaient plus calmes. Avant, il y avait des voitures, des motos, des cris… C'est épuisant."
Même constat pour Sonia, mère de quatre enfants, qui estime que les mineurs n'ont pas leur place dans les rues au milieu de la nuit : "Un enfant de moins de 16 ans n'a rien à faire dehors jusqu'à deux ou trois heures du matin. Quand les parents sont dépassés, il faut que le maire prenne des décisions pour assurer la sécurité des habitants."
Le maire conteste la décision du tribunal
Le tribunal administratif estime que les communes n'ont pas démontré l'existence de circonstances locales particulières justifiant un couvre-feu.
Une analyse rejetée par le maire de Saint-Chamond, Axel Dugua, qui met en avant les chiffres des interventions de police : "Il y a eu 188 interventions entre le 1er janvier et le 30 juin pour des nuisances impliquant des mineurs sur la commune, puis encore 33 interventions entre le 1er et le 10 juillet. Si nous prenons ces arrêtés, c'est parce qu'ils répondent à une nécessité. Aujourd'hui, on se substitue à l'État et on se sent abandonnés."
Malgré cette suspension, la municipalité n'exclut pas de reprendre de nouveaux arrêtés ciblés afin de préserver la tranquillité publique dans certains quartiers de la ville.