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Actuellement à l'antenne

«Un cirque» : Débat tendu entre Xavier Niel et Charles Alloncle lors de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public

Face à la montée des tensions, le président de la commission décide de suspendre la séance pendant plusieurs minutes. [Adnan Farzat / NurPhoto / NurPhoto via AFP]

Dans une ambiance électrique, l’audition des actionnaires de Mediawan par la commission d’enquête sur l’audiovisuel public a viré à l’affrontement. Accusations de désinformation, tensions sur l’utilisation de l’argent public, Xavier Niel accuse Charles Alloncle d'avoir "transformé" la commission d'enquête en "cirque".

Peu d’auditions auront été aussi tendues depuis le début des travaux de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public. En recevant les actionnaires de la société de production Mediawan, les députés s’attendaient à des échanges construits. Ils ont finalement assisté à un véritable clash.

Mediawan produit plusieurs émissions phares du service public, parmi lesquelles C à vous, C dans l’air ou encore C l’hebdo. Autant de programmes emblématiques diffusés sur France Télévisions, qui placent l’entreprise au cœur des débats sur l’utilisation de l’argent public.

À la tête de Mediawan, trois figures bien connues : Xavier Niel, fondateur de Free, Matthieu Pigasse, patron de Combat Médias, et Jérôme Nommé, président de KKR France. Initialement prévue fin février, leur audition avait été reportée à la dernière minute en raison de l’absence de Xavier Niel, un point qui n’a pas manqué de relancer les tensions dès l’ouverture de la séance.

Une séance houleuse interrompue

Dès les premières minutes, le ton est donné. Interrogé sur son absence précédente par le président de la commission, Jérémie Patrier-Leitus, Xavier Niel répond sèchement : "Vous n’êtes pas un procureur. Vous me posez la question, je réponds".

Mais c’est surtout au rapporteur, Charles Alloncle, que l’entrepreneur s’en prend frontalement et accuse la commission d’avoir dérapé : "Exiger la transparence sur l’usage de l’argent des Français est nécessaire. Mais il était possible de le faire sans transformer votre commission en cirque. Merci pour l’invitation, mais je ne suis pas un clown."

Visiblement agacé, Xavier Niel semble venu régler ses comptes. Il reproche notamment au rapporteur de relayer des informations erronées sur Mediawan : "D’après vous, Mediawan serait une entreprise américaine ? C’est faux. Pierre-Antoine Capton est Français, je suis Français, Matthieu Pigasse est Français".

Il dénonce également une autre accusation qu’il juge infondée, concernant la privatisation supposée d’un restaurant pour célébrer une nomination au sein de France Télévisions. Face à la montée des tensions, le président de la commission décide de suspendre la séance pendant plusieurs minutes. À la reprise, le rapporteur ne peut intervenir que bien plus tard, dans un climat toujours tendu.

Charles Alloncle affirme que la société serait majoritairement détenue par un fonds d’investissement américain, KKR. Une situation qui, selon lui, pose un problème de principe, compte tenu des importants contrats liant Mediawan à France Télévisions estimés à environ 110 millions d’euros par an.

Interrogé sur ce point, Jérôme Nommé apporte une réponse mesurée, mais partielle : "Les fonds KKR n’ont pas la majorité du capital". Il refuse toutefois de préciser la répartition exacte des parts, invoquant la confidentialité des informations financières. "Je ne répondrai pas à la question sur les pourcentages. Cela est une information confidentielle", a-t-il exprimé.