Un abonnement très cher pour un bulletin très consulté : "Satellifax" fête ses 25 ans

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Le média "Satellifax", qui envoie chaque matin une lettre sur l'actualité de l'audiovisuel et du cinéma à destination des professionnels, appuie son modèle économique sur un prix d'abonnement très élevé. Pourtant, la recette fonctionne. Son fondateur Joël Wirsztel a expliqué ce succès dans "Culture Médias" à l'occasion des 25 ans de la revue.
INTERVIEW

Happy Birthday Satellifax ! La revue professionnelle, premier quotidien de l'audiovisuel et du cinéma, considéré comme une bible du secteur, fête ses 25 ans. Et en ces temps difficiles pour les médias, alors que les lecteurs sont souvent réticents à payer pour de l'information, son modèle économique peut paraître étrange : l'abonnement annuel coûte plus de 4.590 euros ! Pourtant, cela fonctionne. Joël Wirsztel, fondateur et directeur de la publication, a expliqué ce succès dans "Culture Médias" mardi.

Information exhaustive

"La lettre est destinée aux professionnels", explique-t-il. Donc pas des particuliers mais des entreprises, qui ont plus de moyens. "On a une représentation chez la plupart des éditeurs, distributeurs, producteurs. On leur fait gagner énormément de temps, on leur apporte des idées." La lettre est en effet publiée tous les matins avec une ambition d'exhaustivité.

"Le jeu c'est surtout d'informer les professionnels avant de commencer la journée. Notre credo, c'est plus un tour d'horizon de l'information. Si on a des petites informations en avance, c'est un plus, mais ce n'est pas forcément ce qu'on cherche", développe Joël Wirsztel. "On annonce souvent des tournages de film, des lois qui sont discutées."

Douze journalistes

Parfois, les annonces sont un peu plus polémiques. Des gens ont ainsi appris qu'ils étaient virés dans Satellifax "et un patron que la personne qu'il employait partait ailleurs", s'amuse le directeur de la publication. "Je pourrais citer des noms mais je ne veux pas le faire."

Satellifax ne communique pas son nombre d'abonnés mais "estime avoir entre 10.000 et 12.000 lecteurs" quotidiennement. Ce qui suffit à faire tourner, avec "un tout petit peu de pub", cette "toute petite société" qui emploie 12 journalistes. "C'est une manière de travailler en coopération avec nos lecteurs, qui nous font confiance. On sait toujours qui on va appeler et les personnes vont nous répondre. L'important, c'est d'être toujours capable de vérifier, de valider une information fiable pour nos lecteurs."

Europe 1
Par Margaux Baralon