Hintermann (CSA) : "Un journaliste ne roule pas sur l'or, il pourrait lui-même porter un 'gilet jaune'"

, modifié à
  • A
  • A
Partagez sur :
Mémona Hintermann, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), a défendu les journalistes, dont certains d'entre eux ont été victimes d'agressions lors des manifestations de "gilets jaunes".
INTERVIEW

Mémona Hintermann, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), s'insurge contre les agressions dont ont été victimes des journalistes lors de manifestations de "gilets jaunes". "Nous ne sommes pas en guerre. C'est toute l'humiliation qu'on fait subir à des journalistes qui sont souvent eux-mêmes plongés dans la précarité. Un journaliste ne roule pas sur l'or, il pourrait lui-même porter un 'gilet jaune'", a déclaré l'ancienne journaliste, interrogée mercredi soir par Sonia Mabrouk sur Europe 1.

"Les journalistes sont des gens de bonne foi. Dans 95% des cas, je suis tombée sur des gens absolument honnêtes. Ce qui ne veut pas dire objectif, puisque chacun a des sensibilités politiques différentes", a poursuivi Mémona Hintermann. Plusieurs journalistes, notamment des chaînes d'information en continu LCI et BFMTV, ont été agressés en couvrant les "gilets jaunes" ces dernières semaines.

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

"Les gens reprochent à la télé de ne pas les représenter". L'ancienne journaliste est également revenue sur le traitement médiatique des "gilets jaunes". "Tout le monde s'est fait un peu surprendre. Traiter un mouvement inédit, de cette nature, a dû être compliqué dans les rédactions. J'ai été journaliste jusqu'à il y a six ans, je sais combien cela a dû provoquer de débats. Personne ne pouvait dire qu'il fallait mettre tant d'heures, tant d'images, tant d'émissions", a estimé la membre du CSA.

Mémona Hintermann a tout de même concédé un manque de représentativité des couches populaires dans les médias, en particulier à la télévision. "Six millions de personnes vivent dans les quartiers populaires. Ils sont invisibles à la télévision. Les gens reprochent à la télé de ne pas les représenter. Il y a une frustration de ne pas être considéré", a jugé l'ancienne journaliste. "Mais la violence, non. La violence n'a jamais résolu les problèmes."