"Gilets jaunes" : "BFM TV a pu commettre quelques erreurs ou maladresses", reconnaît Alain Weill

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Alain Weill s'est exprimé dans le JDD au sujet de la couverture des "gilets jaunes" par sa chaîne d'information, BFM TV.
Alain Weill s'est exprimé dans le JDD au sujet de la couverture des "gilets jaunes" par sa chaîne d'information, BFM TV. © AFP
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Le PDG d'Altice Média, interrogé par le JDD, estime néanmoins que le regard porté sur la couverture médiatique du mouvement assurée par la chaîne d'information en continu a tendance à être biaisé. Il appelle à prendre du "recul" et examiner le travail de ses équipes "à sa juste valeur".
PARU DANS LEJDD

Avec la crise des "gilets jaunes", les médias sont beaucoup montrés du doigts. Trop proches du pouvoir pour les uns, trop complaisants avec les manifestants pour les autres, trop clivants quoi qu'il en soit pour d'autres encore. Parmi eux, les chaînes d'information sont particulièrement critiquées. Notamment celle d'entre elles qui fait le plus d'audience, BFM TV. Dans le JDD, Alain Weill, PDG d'Altice Média, répond aux accusations.

Les médias "ne sont que des thermomètres". "Il est normal que notre travail puisse faire débat", prévient l'homme d'affaire. Mais, selon lui, les médias "ne sont que des baromètres, des thermomètres, à l'écoute de l'opinion. Ce n'est pas une raison pour les accuser de tous les maux parce que la température indiquée sur ce thermomètre ne convient pas. Que je sache, BFM TV n'est pas responsable des rassemblements sur les ronds-points et des discours que tiennent leurs occupants". 

" Je considère que nous devons la vérité à ceux qui nous regardent. Or, celle-ci ne fait pas toujours plaisir, aux uns comme aux autres. "

"Un regard biaisé". Et le PDG de donner quelques exemples. "Qu'aurions-nous entendu si nous n'avions pas montré les images des violences de Bordeaux et de Paris ? Les mêmes qui nous accablent aujourd'hui nous auraient accusé de ne pas remplir notre mission d'informer", soutient-il. "Je considère que nous devons la vérité à ceux qui nous regardent. Or, celle-ci ne fait pas toujours plaisir, aux uns comme aux autres." Selon lui, les personnalités politiques portent sur BFM TV "un regard passionné donc parfois biaisé, qui peut fausser leur jugement". Néanmoins, il reconnaît que "cette vérité doit être à l'avenir sans doute encore mieux commentée, encore mieux décryptée de notre part". 

Un comité éditorial créé. "Nous avons pu commettre quelques erreurs ou maladresses", poursuit Alain Weill. "Comme tous. Et nos métiers nécessitent beaucoup d'humilité et le sens des responsabilités." Le PDG indique d'ailleurs que des mesures ont été prises, comme la création d'un comité éditorial chargé de réfléchir à la proximité que peut créer la chaîne avec ses spectateurs. Mais il tient également à saluer le travail de ses équipes, "leur rigueur et leur courage", alors que plusieurs journaliste de la chaîne d'information ont été agressés ou pris à partie ces dernières semaines.

"Ce que nous vivons aujourd'hui n'a rien d’exceptionnel", nuance Alain Weill. "Il y a toujours eu historiquement, dans les périodes de tensions qu'a connues la France, une mise en cause des médias dominants. Je suis convaincu qu'avec le recul, quand l'émotion sera retombée, le regard porté sur le travail que nous avons fait sera examiné à sa juste valeur."