Alors que le gouvernement envisage, dans son projet de loi de finances (PLF) 2027, de doubler la TVA de Canal + en France métropolitaine, le président du directoire du groupe, Maxime Saada, s'inquiète des conséquences économiques d'une telle mesure sur les finances de la chaîne cryptée. Craignant des pertes colossales, il assure des leviers devront être activés.
C'est une épée de Damoclès qui plane au-dessus de Canal + et dont les conséquences pourraient concerner des millions de Français. Dans son projet de budget 2027, présenté la semaine dernière, le gouvernement envisage de doubler la TVA du groupe Canal + en France et de la quadrupler dans les Outre-mer.
"On ne peut pas absorber un choc de 200 millions d'euros en France"
Si une telle décision venait à s'appliquer, Canal + table sur une perte financière potentielle allant jusqu'à 200 millions d'euros par an. Et devra donc activer des leviers pour préserver sa trésorerie. Parmi eux, le tarif de l'abonnement qui va "nécessairement" augmenter en cas d'application de la mesure, affirme ce lundi matin Maxime Saada sur RTL. "On ne peut pas, lorsque nous sommes dans une situation de rentabilité fragile, absorber un choc de 200 millions d'euros en France", martèle le président du directoire de Canal +.
"On répercutera exactement le montant de la TVA", poursuit Maxime Saada, ce qui représente une hausse d'environ 10% du prix de l'abonnement, ce qui induit un risque majeur, affirme-t-il, de départ massif de nombreux abonnés. Bonne nouvelle pour ces derniers - beaucoup moins pour Canal + si cette TVA devait doubler - la plupart des abonnés Canal + sont engagés pour une durée d'un ou deux ans et il est impossible pour le groupe de modifier le tarif de l'abonnement pendant cette période. "Il n'y aura pas d'impact des hausses de tarif avant 2028 ou 2029", conclut Maxime Saada qui n'exclut pas enfin de devoir "réduire les coûts" via un plan social.