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Une tragédie «prévisible» : en Argentine, ouverture du procès du naufrage du sous-marin San Juan qui a fait 44 morts

[WALTER DIAZ / AFP]

Huit ans après le drame, le procès du naufrage du sous‑marin argentin San Juan, qui avait coûté la vie à ses 44 membres d’équipage en 2017, s’est ouvert mardi à Rio Gallegos. L’accusation estime cette tragédie « prévisible » et quatre anciens officiers de la Marine sont jugés pour négligence.

Plus de huit ans après le drame, le procès du naufrage en 2017 du sous-marin argentin San Juan et de la mort de ses 44 membres d'équipage, une tragédie "prévisible", selon l'accusation, s'est ouvert mardi à Rio Gallegos, dans l'extrême sud du pays.

L'accident qui avait vu imploser le sous-marin, lequel gît toujours par plus de 900 mètres de fond, "n'était pas dû à un fait fortuit, mais était un dénouement prévisible compte tenu de l'état de l'unité (du sous-marin, NDLR) qui a rendu possible le naufrage", pose l'accusation dans l'acte de renvoi lu à l'audience, et consulté par l'AFP.

Quatre ex haut-gradés de la Marine sont jugés pour manquement au devoir de fonctionnaire et de leur charge, sinistre par négligence ayant causé la mort. Ils comparaissent libres, mais encourent de 1 à 5 ans de prison. Certains ont déjà été sanctionnés en cour martiale, l'un d'entre eux destitué.

Plus lourde perte de la marine argentine

Le San Juan, sous-marin d'attaque de type TR-1700, qui avait appareillé quelques jours plus tôt du port d'Ushuaia, pour regagner sa base de Mar del Plata (sud de Buenos Aires), avait envoyé le 15 novembre un message signalant une panne électrique et un début d'incendie. Ce fut son dernier.

Sa disparition, plus lourde perte de la marine argentine en temps de paix, avait bouleversé le pays, et mobilisé les navires d'une dizaine de pavillons en une vaste opération de recherche de plusieurs semaines.

Un an plus tard presque jour pour jour, une firme américano-britannique privée d'exploration maritime, Ocean Infinity, l'avait finalement localisé, sur un fond accidenté de canyons, avec sa coque déformée, enfoncée. Il y est toujours, à plus de 500 km au large de Rio Gallegos dans l'Atlantique sud.

"On ne sait toujours pas pourquoi il a coulé"

"Nous allons prouver qu'il s'agissait de morts évitables, qu'on les a envoyés à la mort", a déclaré mardi à des journalistes dont l'AFP, peu avant le début de l'audience, l'avocate Valeria Carreras, qui représente 34 des familles de victimes.

Pour l'avocat Luis Tagliapietra, père d'un marin de 27 ans mort dans la tragédie, "il y a eu de nombreuses défaillances avant le naufrage, des commandements à terre n'ont pas pris de décisions adéquates, mais on ne sait toujours pas pourquoi il a coulé". Les grands absents du procès, qui pourrait durer jusqu'en juillet (à raison d'une semaine sur deux), sont les familles, vivant pour la plupart loin et sans moyens de se rendre à Rio Gallegos, à plus de de 3 heures de vol de Buenos Aires.