Un Français détenu à Bali se met en grève de la faim : "C’est vraiment un appel au secours"

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Un Français de 49 ans est détenu en Indonésie depuis juin 2017 en raison d'un litige financier. Il a entamé une grève de la faim début avril pour alerter sur ses conditions de détention et lancer un "appel au secours", selon sa sœur, interrogée sur Europe 1. 
INTERVIEW

C’est un véritable cri de désespoir : la sœur de Mathias Echène, un Français détenu en Indonésie depuis deux ans et en grève de la faim depuis début avril, en appelle aujourd’hui à Emmanuel Macron pour venir en aide à son frère. "Je ne sais pas ce que peut faire le président de la République, mais c’est un peu notre dernier recours. On a frappé à toutes les portes, on a fait tout ce qu’il fallait mais là on arrive dans un cas d’angoisse pour la vie d’un homme", alerte Eléonore Echène sur Europe 1 vendredi.

En grève de la faim depuis deux mois

Mathias Echène, 49 ans et installé en Indonésie depuis 2010 comme promoteur immobilier, est incarcéré à Bali depuis juin 2017 à la suite d’un litige commercial avec des partenaires financiers de Hong Kong. Détenu dans des conditions "inhumaines" selon sa sœur et face au manque d’espoir sur le plan judiciaire, il a commencé une grève de la faim le 1er avril et son état de santé est aujourd’hui préoccupant.

"Les nouvelles sont inquiétantes, il ne marche plus, il a perdu plus de 18 kilos, il a beaucoup de vertiges, des nausées, il avait déjà des problèmes au cœur et à la hanche... Et là, avec ses conditions d’incarcération et en rajoutant sa grève de la faim, c’est extrêmement effrayant pour nous tous", confie Eléonore Echène, qui communique avec son frère presque tous les jours.

"On parle vraiment d'un déni de justice"  

Mathias Echène a décidé de se mettre en grève de la faim, alors que l’avenir s’est assombri pour lui sur le plan judiciaire, raconte encore sa sœur. "Il y avait toujours de l’espoir, qu’on allait arriver à le sortir de là (…) et en fait quand il a vu que rien ne bougeait, ça a été un acte de désespoir, se dire 'je n’y arriverai jamais, je ne rentrerai jamais, je ne reverrai jamais plus mes enfants'. Donc il a commencé cette grève de la faim pour qu’on l’entende enfin, car tout ce qu’on a essayé n’a pas marché. C’est vraiment un appel au secours…"

Ses avocats ont déposé mi-avril un recours auprès des Nations Unies pour "détention arbitraire", alors que dans le même temps Hong Kong réclame son extradition et que "tout est bloqué côté indonésien". "On parle vraiment d’un déni de justice, s’il y avait eu au moins un jugement ou quelque chose, mais là on vit quelque chose d’incroyable", condamne Eléonore Echène, qui dit avoir "peur de ne jamais revoir (son) frère, qu’il meurt là-bas dans des conditions affreuses". Vendredi matin, un rassemblement du comité de soutien s’est tenu à Paris pour en appeler officiellement au gouvernement et lancer cet ultime "appel au secours".

Europe 1
Par Mathilde Belin