Un ancien esclave en Libye témoigne : "On vous fouette matin, midi et soir"

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Un jeune Camerounais de 17 ans, désormais réfugié en France, raconte "l'enfer" qu'il a vécu en Libye. "Chaque jour, il y a des tortures, des bastonnades, des électrocutions et des travaux forcés". 
TÉMOIGNAGE EUROPE 1

Il a été esclave en Libye. Arnaud, un jeune camerounais de 17 ans qui a fui son pays en essayant de passer par la Libye a été emprisonné, torturé et vendu comme esclave à trois reprises par des réseaux criminels. Désormais réfugié en France, il a raconté sur son calvaire au micro d'Europe 1.

"On m'a vendu à trois reprises". "On m'a vendu à trois reprises en Libye. Vendu comme un esclave. Je n'en revenais pas. On vous fouette matin, midi et soir", raconte le jeune garçon encore sous le choc. "Chaque jour, il y a des tortures, des bastonnades, des électrocutions et des travaux forcés", poursuit-il. Les femmes, elles, doivent faire face à la prostitution. "Tu deviens un objet. Ce qu'on nous a appris à l’école sur la traite négrière, tu comprends que c'est revenu", constate-t-il. "On t'a vendu. S'ils veulent de l'argent, tu dois appeler ta famille pour qu'elle t'envoie de l'argent".

Entendu sur europe1 :
En Libye, le mouton vaut plus que l'homme noir

"C'est un autre monde. C'est l'enfer". Une nuit, Arnaud a tenté de s'enfuir. "Il y a eu soixante Camerounais qui sont morts. Ce moment-là, c'est un autre monde. En fait, c'est l'enfer, le pire cauchemar", explique-t-il, la voix tremblante. "Rendez-vous compte que, en Libye, le mouton vaut plus que l'homme noir. Je ne comprends pas comment Dieu peut fabriquer certains hommes. Un humain normal ne peut pas faire ça", conclut-il.

Une enquête ouverte, Tripoli se défend. Depuis que l'affaire a éclaté suite à un documentaire choc de la chaîne de télé américaine CNN, les autorités libyennes ont ouvert une enquête dont les résultats "ne sauront tarder", précise le gouvernement libyen d'union nationale (GNA). "L'État libyen (...) ne tolérerait pas que les victimes de l'immigration soient traités autrement que dans le respect de leur humanité", a affirmé Al-Aref al-Khoja, ministre de l'Intérieur du GNA.

Par ailleurs, Tripoli se défend, disant être "victime de l'immigration clandestine" et non "pas sa source". "Des directives claires ont été données pour qu'une enquête fasse la lumière sur cette affaire et identifient les responsables de ces actes afin qu'ils en répondent devant la justice"

Europe 1
Par François Coulon avec G.M.