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Ryanair envisage des gels de salaires et davantage d’IA face à la flambée du carburant

Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise, a déclaré lundi envisager des gels temporaires de salaires et un recours accru à l’intelligence artificielle pour réduire ses coûts face à la flambée du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient. [Adrian DENNIS / AFP]

Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise, a déclaré lundi envisager des gels temporaires de salaires et un recours accru à l’intelligence artificielle pour réduire ses coûts face à la flambée du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient.

La compagnie aérienne irlandaise Ryanair a annoncé lundi vouloir geler temporairement les salaires et avoir un recours accru à l’intelligence artificielle pour réduire ses coûts face à la flambée du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient. "À moins d’un règlement rapide du conflit au Moyen-Orient, nous nous attendons à ce que les prix du kérosène restent élevés pendant une bonne partie de 2027", explique le directeur général du groupe, Michael O'Leary, cité dans le communiqué. 

Pour l'exercice en cours, qui s'achève le 31 mars 2027, Ryanair est couvert à hauteur de 80 % de ses besoins en carburant, à un prix d'environ 67 dollars le baril, bien inférieur aux cours actuels. Mais pour 2027-2028, seuls 25 % de ses besoins sont à ce stade couverts, à un prix plus élevé d'environ 95 dollars le baril. Sur la base des prix à terme actuels, Ryanair anticipe une hausse d'environ deux milliards d’euros de sa facture de carburant. "Pour y faire face, nous passons en revue l'ensemble des coûts des compagnies aériennes du groupe", poursuit M. O'Leary. 

Voyageurs hésitants

Parmi les pistes envisagées figurent des gels temporaires de salaires lors du renouvellement d’accords collectifs et "un recours accru à l'IA" pour améliorer la productivité des opérations et des services administratifs. Sur l'exercice en cours, la couverture carburant a notamment aidé Ryanair à compenser une nouvelle hausse de 300 millions d'euros des taxes environnementales de l'UE, souligne son dirigeant. 

Cette protection n'a toutefois pas empêché le bénéfice net de reculer au deuxième trimestre, achevé fin septembre, sous l'effet de la hausse du coût du carburant et de la baisse des prix des billets. Sur ces trois mois, il s'établit à 1,61 milliard d’euros, en baisse de 6 % sur un an, malgré une progression de 4 % du chiffre d'affaires, à 5,7 milliards d'euros. 

Au cours du semestre, le conflit au Moyen-Orient a "entraîné une hésitation des consommateurs et des réservations plus tardives", pesant sur les tarifs, explique M. O’Leary. Mais en 2027-2028, le carburant plus cher devrait au contraire pousser les compagnies à relever leurs prix, estime-t-il. 

Hausse des prix

 "Les voyageurs doivent se préparer à une forte hausse du coût des vols, à moins que les prix du pétrole ne baissent nettement", renchérit Dan Coatsworth, responsable des marchés chez AJ Bell, évoquant une possible hausse des frais de bagage ou des prix de la nourriture et des boissons à bord. "Il est peu probable qu'ils puissent se tourner vers un concurrent et réaliser des économies significatives, puisque l'ensemble du secteur est logé à la même enseigne", ajoute-t-il. 

Face au coût élevé du carburant, Ryanair avait annoncé début septembre une réduction de son programme de vols pour cet hiver. Il prévoit de transporter 214 millions de passagers sur l'exercice en cours, soit une hausse de 3%, puis plus de 220 millions en 2027-2028. 

Ryanair juge néanmoins trop tôt pour donner une prévision de bénéfice net annuel, affirmant n'avoir "aucune visibilité pour le quatrième trimestre". Le résultat pour l'exercice reste notamment exposé à une escalade des conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, au prix du carburant non couvert, aux chocs macroéconomiques et aux perturbations du contrôle aérien européen, avertit le groupe.