Russie : indifférents voire hostiles, de nombreux Russes ne soutiennent pas Navalny

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Alexeï Navalny est en grève de la faim depuis trois semaines. 1:35
Alexeï Navalny est en grève de la faim depuis trois semaines. © HANDOUT / MOSCOW CITY COURT PRESS SERVICE / AFP
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En Russie, la santé d'Alexeï Navalny, en grève de la faim depuis plusieurs semaines, inquiète ses partisans. Mais ces derniers restent très minoritaires dans le pays aux 145 millions d'habitants, alors même que la communauté internationale multiplie les condamnations. Beaucoup de Russes restent ainsi indifférents au sort de l'opposant à Vladimir Poutine. 
REPORTAGE

Depuis son emprisonnement début mars, la santé d'Alexeï Navalny inquiète ses partisans et les pays occidentaux. Alors que l'opposant à Vladimir Poutine est en grève de la faim depuis trois semaines, la Russie a finalement annoncé lundi l'avoir transféré dans une unité carcérale médicale, assurant que son état est "satisfaisant". Mais si les marques de soutien sont nombreuses à l'international, elles le sont moins en Russie, où une grande partie des 145 millions d’habitants restent indifférents à son sort. 

Pour beaucoup de Russes, Alexei Navalny n'a pas l'image d'un martyr. L’opposant ne rassemble officiellement que quelques centaines de milliers de soutiens. "Je ne veux pas penser à lui, alors je dirais que mon opinion est neutre, voire plutôt négative", indique un passant croisé dans les rues de Moscou. 

"Navalny s'aime trop. Il est narcissique"

"J'ai une opinion très négative de lui", assume une autre habitante de la capitale, au micro d'Europe 1. "Je suis à la retraite, j'ai le temps de regarder, et je pense que toutes ces enquêtes sur nos dirigeants, c'est n'importe quoi." Pour elle, "Navalny s'aime trop. Il est narcissique". 

Bien entendu, la propagande gouvernementale est passée par là, tout comme la crainte de s’opposer ouvertement au régime. Etudiante française en Russie, Charlotte vient de découvrir, en discutant autour d’elle de la manifestation de soutien prévue mardi, que le sujet reste complexe à aborder. "Ça créé un peu le malaise", confirme-t-elle. "J'aurais vraiment du mal à vous dire si beaucoup de gens vont participer à cette manifestation."

Mais si la figure Navalny ne fait pas l’unanimité, ses idées, en revanche, progressent dans l’opinion, précise un spécialiste. Notamment la lutte contre l’autoritarisme et la corruption.

Europe 1
Par Pierre Herbulot avec Lena Polyakovskaya, édité par Antoine Terrel