Le gouvernement britannique souhaite confirmer Doug Gurr, ancien dirigeant d’Amazon, à la présidence de l’autorité de la concurrence CMA pour un mandat de cinq ans. Déjà président intérimaire depuis janvier 2025, il doit encore être auditionné par le Parlement, dans un contexte sensible de régulation des géants américains de la tech.
Le gouvernement britannique a indiqué lundi qu'il souhaitait confirmer un ex-dirigeant d'Amazon à la présidence de la CMA, le régulateur de la concurrence au Royaume-Uni, dont la nomination à titre provisoire avait été vue comme une ouverture envers les géants américains de la tech.
Une confirmation soumise à une audition parlementaire
Doug Gurr, président d'Amazon Chine entre 2014 et 2016 puis directeur du groupe au Royaume-Uni jusqu'en 2020, "avait été nommé président intérimaire de la CMA en janvier 2025 et a désormais été choisi pour effectuer un mandat complet de cinq ans", selon un communiqué. Le responsable devra désormais se soumettre à une audition parlementaire avant de voir sa nomination éventuellement confirmée par l'exécutif, précise le ministère des Entreprises et du Commerce.
La CMA a eu plusieurs fois maille à partir ces dernières années avec les géants américains de la tech, contre lesquels elle a lancé de nombreuses enquêtes. L'arrivée de M. Gurr à la tête du gendarme de la concurrence était intervenue dans la foulée du retour à la Maison Blanche de Donald Trump, qui avait promis de défendre les géants américains de la tech à l'étranger.
"Un message" aux investisseurs
Le président de la CMA n'est pas chargé de la gestion au quotidien, une tâche dévolue à la directrice générale Sarah Cardell, mais il dirige l'orientation stratégique du régulateur. Le gouvernement avait défendu l'an dernier une nomination qu'il voyait comme "un message" pour montrer que le Royaume-Uni "est ouvert aux investissements" et une façon d'encourager la croissance du pays.
Au cours des 12 derniers mois, M. Gurr a contribué à "transformer la CMA en améliorant la rapidité, la prévisibilité, la proportionnalité et le déroulement de ses enquêtes sur les fusions - ce qui a été salué par les entreprises", a fait valoir le gouvernement lundi. Au début du mois, Apple et Google ont accueilli favorablement l'approche de la CMA, jugée plus pragmatique que celle de l'UE, dans la régulation de leurs écosystèmes sur smartphones.
Le régulateur avait alors salué "des engagements" des deux géants américains pour rendre leurs systèmes plus "équitables", mais prévenait de possibles "mesures supplémentaires" si ceux-ci n'étaient pas suivis d'effets.