Le détroit d'Ormuz est totalement bloqué par les Gardiens de la Révolution depuis cinq semaines. S'ils lâchent un peu de lest depuis le début de la trêve, les bateaux passent par cette route maritime se comptent quand même sur les doigts d'une main.
On est loin, très loin de l'autoroute qu'est le détroit d'Ormuz en temps normal. Deux jours après la conclusion d'un cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran et l'annonce d'une réouverture de cette route maritime très stratégique, les navires ayant réussi à passer se comptent sur les doigts d'une main.
"Les Iraniens ont compris qu'ils ont un bras de levier énorme dans les négociations"
"On reste sur des passages qui sont de l'ordre d'une dizaine, grand maximum, de navires par jour", explique Jérôme Dericlet, expert maritime pour la plateforme Upline. "Le détroit tourne en temps normal à 120-130 navires".
Le retour à la normale n'est en tout cas pas imminent. Cela pénaliserait l'Iran dans les négociations actuelles avec les Américains, selon l'expert.
"Les Iraniens ont compris qu'ils ont un levier énorme dans les négociations. Et est-ce qu'ils veulent faire plus de pression sur les États-Unis, pour que les États-Unis fassent plus pression sur Israël par rapport au Liban ? Il semblerait que ce soit une des explications".
Et pour garder la main sur Ormuz, Téhéran souhaite désormais imposer un droit de péage : un dollar par baril transporté, à payer en cryptomonnaie. Un procédé qui serait contraire au droit international.