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Quel est le profil des migrants marocains qui affluent vers Ceuta ?

Parmi les femmes arrivées à Ceuta, certaines étaient même des sportives. [MARCOS MORENO / ANADOLU / Anadolu via AFP]

De jeunes Marocains, souvent sans emploi stable et en quête d’un avenir meilleur, ce sont eux qui ont afflué vers Ceuta. Mais les femmes, les familles et les mineurs sont aussi de plus en plus nombreux à tenter de rejoindre l’enclave espagnole.

Derrière les images spectaculaires de milliers de personnes rejoignant l’enclave espagnole de Ceuta, un profil se dessine. Celui, majoritairement, de jeunes Marocains, souvent âgés de 15 à 25 ans, sans emploi fixe et sortis du système scolaire.

Beaucoup vivent dans le nord du Maroc, à proximité de la frontière espagnole. Des jeunes qui vivotent, parfois sans formation et sans véritable perspective professionnelle, et pour qui l’Europe représente l’espoir d’une vie meilleure.

Des jeunes hommes, mais pas seulement

Fin juillet, lorsque les réseaux sociaux se sont emballés autour de fausses informations annonçant notamment l’ouverture de la frontière pendant plusieurs heures, ils ont été nombreux à prendre la direction de Ceuta. Certains sont arrivés en quelques heures seulement. Des vidéos montrant des migrants ayant réussi à rejoindre l’enclave ont notamment circulé massivement, donnant l’impression que la frontière était devenue accessible.

Le profil reste donc très largement masculin. Mais l’épisode de juillet a aussi montré une évolution : les candidats à l’exil ne sont plus uniquement de jeunes hommes vivant près de la frontière.

Certains sont venus de beaucoup plus loin à l’intérieur du Maroc. Les femmes étaient également plus nombreuses qu’auparavant, et des familles entières ont tenté de franchir la frontière.

Autre particularité : la présence très importante de mineurs. Plus d’un millier se trouvent encore à Ceuta. Leur prise en charge est devenue l’un des principaux problèmes pour les autorités locales, alors que les structures d’accueil de l’enclave sont largement dépassées.

Près d’une cinquantaine de footballeuses

Parmi les femmes arrivées à Ceuta, certaines étaient même des sportives. Près d’une cinquantaine de footballeuses évoluant dans des équipes locales marocaines auraient ainsi tenté de rejoindre l’enclave. Parmi elles, une jeune femme de 26 ans est morte noyée en tentant de rejoindre Ceuta.

Car si les réseaux sociaux ont joué un rôle de déclencheur lors de l’afflux de juillet, l’envie de partir existait déjà. Le Maroc est depuis des années l’un des principaux pays d’origine des migrants qui tentent de rejoindre l’Espagne. Et cette volonté d’émigrer apparaît aussi dans les enquêtes d’opinion.

Le Baromètre arabe rapportait ainsi, il y a deux ans, un chiffre particulièrement révélateur : parmi les Marocains qui souhaitent émigrer, 53 % se disent prêts à le faire sans papiers.

Face à la menace d'une nouvelle vague de flux migratoires appelée à se passer le 15 août prochain sur les réseaux sociaux, l'Espagne a musclé son dispositif avec 2000 militaires, 300 policiers ont été envoyés sur place, accompagnés de 4 navires, d'un hélicoptère et de plusieurs drones.