Quatre ans jour pour jour après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, Vladimir Poutine "n'a pas atteint ses objectifs", s'est félicité le président ukrainien dans une vidéo diffusée ce mardi. Si la ligne de front semble figée, les frappes russes touchent davantage de civils.
Quel bilan, après quatre années de combats et de bombardements en Ukraine ? L'invasion russe est un "échec militaire, économique et stratégique", a souligné Emmanuel Macron ce mardi 24 février. Volodymyr Zelensky estime, quant à lui, que Vladimir Poutine n'a ni "brisé les Ukrainiens" ni "gagné cette guerre".
L'offensive russe, qui visait initialement à renverser Kiev en seulement quelques jours, s'est heurtée à une résistance ukrainienne farouche. Pour l'heure, 20% du territoire ukrainien est désormais occupé, dans le sud du pays et dans la région du Donbass. Ces avancées restent minimes au regard des pertes humaines russes.
Par ailleurs, la perspective de la paix paraît encore lointaine, alors que les négociations sous médiation américaine entre Kiev et Moscou semblent bien loin d'aboutir.
Des pertes vertigineuses
Bien que Vladimir Poutine semble confiant, déclarant dans un discours en décembre que ses troupes "progressent sur toute la ligne de contact", dans les faits la puissance de la Russie semble en déclin.
"Depuis février 2022, les forces russes ont subi près de 1,2 million de pertes (tués, blessés et disparus) et jusqu'à 325.000 morts, soit plus que toute autre grande puissance dans un conflit depuis la Seconde Guerre mondiale", révèle un rapport du CSIS publié le 26 janvier dernier. Côté ukrainien, entre 100.000 à 140.000 soldats ont perdu la vie sur les champs de bataille.
Face à la durée du conflit, le coût de la guerre s'alourdit et Moscou se retrouve confronté à des difficultés financières. En 2025, les dépenses militaires atteignent 25,6 milliards de dollars, soit 10 % du PIB, selon une analyse réalisée par le Service fédéral de renseignement allemand (BND).
Une guerre d'usure
Après l'échec d'une invasion éclair, les forces russes ont eu recours à une stratégie de guerre d'usure, qui se déploie sur le long terme et se caractérise par "des pertes élevées, des dépenses massives en matériel et une mobilité réduite des lignes de front", indique le rapport du CSIS, le but étant ici d'épuiser son adversaire.
Outre l'initiative militaire sur le champ de bataille, qui se poursuit, l'armée russe s'appuye sur une campagne aérienne "contre les cibles énergétiques, économiques et militaro-industrielles ukrainiennes". Elle a aussi intensifié ses frappes contre les villes, touchant davantage de civils, selon un rapport de l’organisation internationale Action on Armed Violence (AOAV).
Mais sur le terrain, les lignes bougent à peine à l'échelle du pays. Les gains russes en 2025 ne représentent qu'environ 0,8% du territoire. Car en face, l'Ukraine tient tant bien que mal. Une capacité défensive rendue possible par les livraisons d'armes et de munitions et le partage de renseignements occidentaux.
Avec 201 milliards d'euros déjà fournis, l'Union européenne est désormais le principal soutien de Kiev, alors que les Etats-Unis ont pratiquement coupé leur aide. Les drones sont, par ailleurs, devenus une arme indispensable dans la stratégie de défense ukrainienne, permettant de modifier l'équilibre des forces. Désormais, la supériorité se mesure autant en stocks, en production et en recrutement qu’en manœuvres, relate le CSIS.