Présidentielle en Tunisie : Saied (18,4%) et Karoui (15,58%) confirmés au 2e tour

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© Fethi Belaid / AFP
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Kais Saied, un universitaire indépendant, et Nabil Karoui, un homme d'affaires actuellement en prison, sont au second tour de l'élection présidentielle tunisienne, a annoncé mardi l'Instance électorale.

Les résultats sont tombés. Le second tour de la présidentielle en Tunisie opposera l'universitaire indépendant Kais Saied et l'homme d'affaires actuellement en prison Nabil Karoui, a annoncé mardi l'Instance électorale (Isie). Selon des résultats officiels, M. Saied a obtenu "18,4%" des voix et M. Karoui "15,58%", a déclaré le président de l'Isie, Nabil Baffoun, lors d'une conférence de presse.

Les deux hommes illustrent le chambardement de la scène politique dans le pays pionnier du printemps arabe. Kais Saied est un universitaire de 61 ans sans parti ni structure, entré en toute discrétion sur la scène politique tandis que son adversaire, Nabil Karoui, est un homme d'affaires emprisonné, par ailleurs fondateur de la chaîne de télévision privée Nessma, l'une des principales du pays.

Exit les représentants du pouvoir des années post-révolutionnaire : la formation d'inspiration islamiste Ennahdha, principale force au Parlement et qui avait présenté pour la première fois un candidat, a vu Abdelfattah Mourou arriver troisième avec 12,88% des voix, confirmant l'érosion de son électorat depuis 2011. Quant au Premier ministre sortant Youssef Chahed, il termine à une très modeste 5e place (7,4%).

Un premier tour "transparent" selon l'Union européenne

La mission d'observation déployée en Tunisie par l'Union européenne a estimé mardi que le premier tour de la présidentielle avait été "transparent", tout en regrettant que des candidats n'aient pu faire campagne en allusion à Nabil Karoui. Il a été arrêté le 23 août dernier, 10 jours avant sa campagne électorale dans le cadre d'accusations de fraude fiscale et blanchiment d'argent.

Sept millions d'électeurs étaient appelés dimanche à départager 26 candidats pour le premier tour de ce scrutin, qui s'est déroulé sur fond de crise économique et sociale et dans un contexte de rejet des élites politiques traditionnelles.

Europe 1
Par Maxime Dewilder, avec AFP