Présidentielle en Tunisie : le candidat Nabil Karoui dénonce "une tentative de coup d'État" contre lui

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Candidat en tête des sondages pour la présidentielle en Tunisie, l'homme d'affaires Nabil Karoui dénonce mardi sur Europe 1 l'attitude du clan au pouvoir. Il récuse également être un "Berlusconi du Maghreb".
INTERVIEW

Le scrutin n'aura lieu que dans cinq mois, mais Nabil Karoui est déjà pleinement en campagne : l'homme d'affaires tunisien tente de convaincre qu'il est le successeur idéal à Béji Caïd Essebsi avant l'élection présidentielle de novembre. Sur Europe 1, mardi soir, celui qui se définit comme candidat "anti-système", en tête des sondages, a défendu son projet et sa personnalité.

Berlusconi du Maghreb, un "raccourci"

L'homme d'affaires des télécoms, issu de la société civile et fondateur de la chaîne de télévision Nessma TV, estime être la victime de "l'affolement du clan au pouvoir qui voit sa défaite s'annoncer". Il en veut pour preuve la volonté - contrariée - du gouvernement de modifier la loi électorale pour l'empêcher de se présenter. "Au regard de la Constitution, c'est une tentative de coup d'État politique institutionnel et moral. [Cette loi] a pour seul but de m'empêcher d'être candidat à la présidentielle", accuse-t-il sur notre antenne depuis Tunis.

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Il rejette également la réputation de "Berlusconi du Maghreb" que certains observateurs lui ont bâtie depuis plusieurs semaines : "C'est un raccourci. On essaye de mettre des gens dans les cases, mais je n'ai rien à voir avec Silvio Berlusconi", balaie-t-il. "Mediaset est actionnaire minoritaire dans la chaîne dans laquelle je suis actionnaire", précise-t-il.

Ses inspirations ? Lula, Mère Teresa et Coluche

Pour l'heure, Nabil Karoui se revendique de figures aussi variées que Lula, Mère Teresa et Coluche. Mais il récuse immédiatement le terme de populiste : "Tous ceux qui sortent du système, on les traite de populistes. Pour être populistes, il faut un programme populiste. À ce jour, je n'ai annoncé aucun programme, je ne suis pas populiste", récrimine-t-il à l'aide d'un syllogisme. "Je suis certainement populaire, vu les sondages, mais je ne suis pas populiste."

Europe 1
Par Thibaud Le Meneec