Pour Bachar al-Assad, la journaliste Marie Colvin est "responsable" de sa propre mort

Marie Colvin
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avec AFP , modifié à
Tuée en Syrie en 2012 par un bombardement imputé au régime syrien, la journaliste américaine Marie Colvin travaillait pour le Sunday Times depuis 1985.

La journaliste américaine Marie Colvin, tuée dans un bombardement imputé au régime syrien en 2012, est "responsable" de sa propre mort, a estimé le président Bachar al-Assad dans une interview diffusée jeudi.

"Responsable de tout ce qu'il lui est arrivé". A la chaîne américaine NBC qui lui demandait si la reporter était "responsable de sa propre mort", Bachar al-Assad a répondu : "Bien sûr", en précisant qu'elle "était entrée illégalement en Syrie, a travaillé avec les terroristes (les rebelles dans le jargon du régime, ndlr) (...) Elle est donc responsable de tout ce qu'il lui est arrivé".

La famille a porté plainte contre son régime. Bachar al-Assad a été interrogé sur ce sujet après le dépôt d'une plainte samedi aux Etats-Unis par la famille de Marie Colvin contre le régime de Bachar al-Assad. Elle l'accuse d'avoir tué "délibérément et avec préméditation" la reporter âgée de 56 ans dans un bombardement à Homs en 2012. Mais, pour le président syrien, "les forces armées ne savaient pas que Marie Colvin se trouvait quelque part". "Personne ne sais si elle a été tuée par un missile, de quel type, et d'où il a pu être tiré", a-t-il ajouté.

Des communications interceptées ? "Personne n'a aucune preuve. Ce sont juste des allégations", a poursuivi Bachar al-Assad, en précisant que des "centaines" de journalistes étaient entrés en Syrie "légalement et illégalement". Selon la plainte de la famille de Marie Colvin, l'armée syrienne avait intercepté les communications de la journaliste du Sunday Times avant d'envoyer un déluge de bombes sur le lieu où elle se trouvait, un appartement transformé en centre de presse dans le quartier rebelle de Bab Amr.