Le Conseil national de sécurité (NSC) philippin a indiqué jeudi que les autorités du pays avaient arrêté trois militaires pour espionnage au profit de la Chine. Le trio, qui travaillait pour le ministère philippin de la Défense, la marine et les garde-côtes, a avoué les faits, selon le NSC.
Les autorités philippines ont arrêté trois militaires pour espionnage au profit de la Chine, a indiqué jeudi le Conseil national de sécurité (NSC) philippin, sans préciser leurs noms. Le trio, qui travaillait pour le ministère philippin de la Défense, la marine et les garde-côtes, a avoué les faits, selon le NSC qui évoque une "grave affaire de sécurité nationale" dans un communiqué.
Des listes de personnel militaire et d'autres informations sensibles
Les trois militaires ont fourni à leurs contacts chinois des listes de personnel militaire et d'autres informations sensibles, a expliqué à l'AFP Cornelio Valencia, porte-parole du NSC. Les informations transmises comprenaient également des détails opérationnels sur des missions de ravitaillement en mer de Chine méridionale, a précisé le porte-parole.
Les Philippines et la Chine s'affrontent fréquemment en mer de Chine méridionale, que Pékin revendique dans sa quasi-totalité malgré une décision d'un tribunal international selon laquelle cette affirmation n'a pas de fondement juridique.
"Il y a eu une cooptation progressive", a déclaré Cornelio Valencia à propos des efforts déployés pour séduire les trois interpellés, qu'il a décrit comme des analystes subalternes. "Au début, on ne s'en rend pas compte. Et puis, on est surpris qu'ils nous demandent déjà des données sensibles". "Au bout du compte, c'est toujours une question d'argent", a-t-il expliqué concernant leurs motifs.
Fin aux opérations menées par les "services de renseignement chinois"
Les mis en cause, dont les identités n'ont pas été dévoilées, coopèrent désormais activement avec les autorités "pour s'assurer que nous n'ayons plus ce problème", selon Cornelio Valencia. Dans un communiqué diffusé dans la nuit, le NSC avait annoncé avoir "traité et mis fin" à des opérations menées par les "services de renseignement chinois", sans plus de détail.
"Pour des raisons de sécurité nationale, nous ne pouvons pas divulguer les identités, les méthodes ou les détails chronologiques afin de ne pas compromettre les opérations en cours", a déclaré l'organe. Contactée par l'AFP, l'ambassade de Chine à Manille n'a pas répondu pour le moment.
Dans son communiqué, le NSC cite une enquête du média local Rappler, selon laquelle des agents chinois ont cherché à obtenir des informations sur les déploiements maritimes et les missions de ravitaillement en mer de Chine méridionale.
Des ressortissants chinois déjà arrêtés en 2025 pour espionnage présumé
L'année dernière, les Philippines avaient arrêté plusieurs ressortissants chinois pour espionnage présumé. En avril, un Chinois avait été appréhendé alors qu'il utilisait un dispositif de surveillance près des bureaux de la commission électorale philippine, moins de deux semaines avant les élections de mi-mandat du pays.
L'homme aurait utilisé un "IMSI catcher", ou "intercepteur IMSI", un appareil capable d'imiter une tour de téléphonie mobile et de capturer des messages dans un rayon de un à trois kilomètres, selon les autorités.
Plus tôt, en février 2025, deux Chinois avaient déjà été arrêtés pour avoir utilisé le même appareil alors qu'ils conduisaient à proximité de sites gouvernementaux et militaires sensibles à Manille.