L'armée russe gagne du terrain avec plus de 700 kilomètres carrés grappillés le mois dernier. Dans le camp d'en face, l'armée ukrainienne est à bout. Pas de relève et des bombardements quotidiens. Les soldats tiennent au courage et au mental, mais pour combien de temps encore ?
>> A LIRE AUSSI : Le Kremlin accuse l'Ukraine «d'acte de terrorisme» après l'assassinat d'un général russe
"Nos gars meurent dans nos bras"
Le chant redoutable de l’artillerie sur Koukharove en plein Donbass, la zone du front où l’armée russe appuie le plus, résonne. Sur place, les soldats ukrainiens en sous-effectifs plient, comme l’explique, hors du contrôle de l’armée, Mykyta, un chef de bataillon tankiste.
"Les Russes continuent à nous repousser, donc la situation est difficile. Le plus gros problème est le manque de soldats de qualité. Nous avons assez d'équipement, mais on n'a pas assez de soldats bien entraînés."
Résultat : plus de blessés, plus de morts, plus de soldats en détresse... Mykyta tient depuis deux ans et demi au front, mais ces derniers mois ont vidé l'officier moralement et psychologiquement. "Nos gars baignent dans leur sang et ils meurent dans nos bras. J'ai vécu beaucoup de ces situations, mon cœur a beaucoup accumulé. Putain, c'est horrible... J'ai eu besoin de réhabilitation psychologique", confie-t-il à Europe 1.
Sans relève possible, il est revenu en première ligne. Mais les déserteurs épuisés se comptent par dizaines de milliers, fragilisant encore un peu plus la situation des soldats restés au front.