Migrants : l'Italie confirme vouloir réduire ses versements à l'UE

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L'Italie n'acceptera plus d'être "humiliée", a averti Luigi Di Maio vendredi.
L'Italie n'acceptera plus d'être "humiliée", a averti Luigi Di Maio vendredi. © ANDREAS SOLARO / AFP
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Le vice-premier ministre italien avait donné aux Européens jusqu'à vendredi, jour prévu d'une réunion informelle à Bruxelles sur la question migratoire, avant de confirmer ses menaces.

Le vice-Premier ministre italien Luigi Di Maio a confirmé vendredi son intention de réduire la contribution de l'Italie au budget de l'Union européenne, faute d'accord à Bruxelles sur le sort de migrants bloqués sur un navire italien.

"Nous sommes prêts à réduire les fonds". "L'Union européenne a décidé de tourner le dos à l'Italie encore une fois", a écrit Luigi Di Maio sur sa page Facebook, ajoutant que son pays n'avait alors pas d'autre choix que de "prendre de manière unilatérale, une mesure compensatrice". "Nous sommes prêts à réduire les fonds que nous donnons à l'Union européenne", a-t-il ajouté, soulignant que l'Italie n'accepterait plus d'être "humiliée".

"En Europe, ils font semblant de ne pas comprendre". Luigi Di Maio, leader du Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème) est suivi sur ce point par l'autre chef de file de la majorité gouvernementale, le vice-Premier ministre Matteo Salvini, patron de la Ligue (extrême droite). "Si en Europe, ils font semblant de ne pas comprendre, étant donné que nous payons abondamment, on fera ce qu'il faut pour payer un peu moins", a déclaré vendredi soir Matteo Salvini, interrogé par une radio italienne. Luigi Di Maio avait donné aux Européens jusqu'à vendredi, jour prévu d'une réunion informelle à Bruxelles sur la question migratoire, avant de confirmer ses menaces.

"Ils veulent les 20 milliards payés par les citoyens italiens ? Qu'ils démontrent de le mériter et qu'ils prennent en charge un problème que nous ne pouvons plus affronter seuls. Les frontières de l'Italie sont celles de l'Europe", a encore écrit Luigi Di Maio. La réunion qui s'est tenue vendredi à Bruxelles au niveau des haut-fonctionnaires, intervient plus d'une semaine après le sauvetage de 190 migrants, du 15 au 16 août dernier en Méditerranée, par le Diciotti, navire des garde-côtes italiens.

Le Diciotti toujours en Sicile. Ce dernier est à quai depuis lundi soir dans le port de Catane en Sicile avec encore environ 150 migrants à bord, les autres, dont une trentaine de mineurs, ayant été autorisés à débarquer. Matteo Salvini a confirmé vendredi soir qu'aucun autre ne serait autorisé à débarquer tant qu'une solution européenne ne serait pas trouvée.

 

Paris pousse à la création d'un "mécanisme européen pérenne"

De son côté, la France espère la mise en place d'un "mécanisme européen coordonné pérenne" pour une répartition des migrants arrivant par mer, avec la participation de l'Italie, malgré le refus actuel de Rome, a indiqué l'Élysée vendredi. "L'idée est de ne pas rester à onze ou douze mais d'avoir de plus en plus de pays qui participent et à terme d'avoir application par les 28 de tous les éléments de l'accord conclu au Conseil européen" de juin, a indiqué Paris. La France veut toujours l'installation dans les pays méditerranéens de "centres contrôlés" gérés par l'Europe pour accueillir les migrants, ce que l'Italie refuse catégoriquement.