L'ONG Sea-Watch est visée par une enquête en Italie après la diffusion de vidéos de Frontex. Les images montrent des migrants transférés depuis des vedettes attribuées à des passeurs vers un navire de l'association au large de la Libye. La justice soupçonne une possible aide à l'immigration illégale.
L'ONG Sea-Watch est au cœur d'une enquête des autorités italiennes. L'association, spécialisée dans le secours aux migrants en Méditerranée, est soupçonnée d'avoir facilité l'arrivée de migrants en Europe depuis les côtes libyennes.
En cause, des images filmées en mai dernier par un aéronef de Frontex, l'agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. La scène, qui dure une trentaine de minutes, se déroule à environ 70 kilomètres au nord-est de Tripoli, en Méditerranée.
Les vidéos montrent une embarcation de fortune transportant des migrants s'approcher de deux vedettes rapides. À leur bord, cinq hommes en tenue militaire et cagoulés, présentés comme de possibles passeurs, récupèrent les migrants avant de leur distribuer des gilets de sauvetage.
Les vedettes repartent ensuite en direction d'un navire de l'ONG Sea-Watch, situé à quelques kilomètres, où les migrants sont pris en charge. Les passeurs quittent ensuite les lieux.
Une enquête ouverte en Italie
Pour les autorités italiennes, ces images alimentent les soupçons de collusion entre des réseaux de passeurs et certaines ONG opérant en Méditerranée. Selon elles, la séquence remet en question le récit selon lequel les migrants étaient en situation de détresse au moment de leur prise en charge.
Une enquête pour aide à l'immigration illégale a été ouverte afin de déterminer les circonstances exactes de cette opération et d'éventuelles responsabilités.