"Marine le Pen se ridiculise" avec des "énormités" sur le traité d'Aix-la-Chapelle, estime Nathalie Loiseau

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Ce traité en faveur de la coopération franco-allemande est dénoncé par le Rassemblement national comme une perte de souveraineté de la France en faveur de l'Allemagne.   
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Marine Le Pen est entrée en croisade contre le traité d'Aix-la-Chapelle qui doit être signé mardi par Emmanuel Macron et Angela Merkel, en vue de renforcer la coopération franco-allemande. Dans une vidéo publiée sur Twitter, la présidente du Rassemblement national dénonce un texte qui, selon elle, fait "sortir la France du rang des grandes puissances pour en faire un pays de second ordre".

Interrogée par Audrey Crepso-Mara sur Europe 1, Nathalie Loiseau, ministre chargée des Affaires européennes, a estimé que la fille de Jean-Marie Le Pen "se ridiculis[ait]" sur ce sujet. "J'ai l'impression qu'elle ne doit pas aller souvent sur le terrain pour dire des énormités pareilles", a-t-elle taclé.

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Simplifier la vie des frontaliers. "Marine Le Pen est, normalement, députée française, les informations sur le traité d'Aix-la-Chapelle sont connues de tous les députés", explique Nathalie Loiseau à propos d'un texte qui prévoit, notamment, de favoriser les initiatives transfrontalières en s'attaquant à une série de contraintes juridiques et administratives. "Je dis à Marine Le Pen de parler un peu avec les Alsaciens, parce que c'est ce que nous avons fait depuis des mois pour savoir comment nous pouvions améliorer leur situation de frontaliers, comment faire en sorte qu'ils puissent circuler, échanger plus facilement, faire plus de commerce, créer plus d'emploi", énumère-t-elle.

"Ces petits irritants du quotidien". "Aujourd'hui, quand vous êtes Alsaciens et que vous voulez, par exemple, envoyer une chorale ou une équipe sportive de l'autre côté de la frontière, c'est compliqué parce que les réglementations ne sont pas les mêmes", poursuit Nathalie Loiseau. "Ce à quoi nous nous engageons, c'est de simplifier tout ça, de faire en sorte qu'un fleuriste de Strasbourg puisse livrer à Kehl sans difficulté, de faire en sorte qu'il puisse y avoir une crèche franco-allemande où les enfants puissent être gardés, indifféremment, par des auxiliaires français et allemands", relève-t-elle. "Tous ces petits irritants du quotidien qui existaient jusqu'à maintenant, c'est la première fois qu'un traité bilatéral accepte de les regarder en face et de simplifier le quotidien des gens", fait encore valoir cette responsable gouvernementale.

Entendu sur europe1 :
À part quelques complotistes pathologiques, personne ne suivra ni Marine Le Pen, ni Nicolas Dupont-Aignan, ni Bernard Monot dans leurs excès

"Quelques complotistes pathologiques". Alors que le député Bernard Monot, proche de Nicolas Dupont-Aignan, a estimé que la signature de ce traité revenait à une cession de l'Alsace-Lorraine à l'Allemagne, Nathalie Loiseau répond : "Pas un quart de seconde !" "Quand on est populiste aujourd'hui, on pense que l'on peut raconter n'importe quoi au peuple et que le peuple le croira", s'agace Nathalie Loiseau. "Je crois qu'à part quelques complotistes pathologiques, personne ne suivra ni Marine Le Pen, ni Nicolas Dupont-Aignan, ni Bernard Monot dans leurs excès."

Le siège de la France à l'ONU. Autre contre-vérité qu'a voulu balayer Nathalie Loiseau à propos de ce traité, celle d'un prétendu partage du siège qu'occupe la France au sein du Conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne, qui n'est pas un membre permanent. "Là encore, ça n'est ni envisageable, ni envisagée", martèle la ministre. "Notre position, c'est que nous avons un siège permanent de membre du Conseil de sécurité de l'ONU, que nous sommes heureux quand d'autres Etats européens viennent au Conseil de sécurité comme, cette année, l'Allemagne. […]".

"Une seule voix." Paris s'engage toutefois dans le traité d'Aix-la-Chapelle à plaider pour que Berlin puisse s'y asseoir de manière permanente. "C'est l'union qui fait la force, plus nous sommes nombreux, plus cela permet à l'Europe de se faire entendre", justifie Nathalie Loiseau, qui reconnait qu'avant une prise de parole au Conseil de sécurité, la France se coordonne avec ses partenaires européens. "Bien sûr, il faut être capable de parler d'une seule voix, [...] l'Europe est confrontée aujourd'hui à une situation géopolitique et des menaces communes", conclut-elle.