Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme s’est dit vendredi "extrêmement inquiet" de l’aggravation de la situation socio‑économique à Cuba. L’institution évoque une très grave crise énergétique et met en cause les effets des mesures américaines, estimant qu’elles ont des répercussions croissantes sur les droits humains de la population.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a exprimé vendredi sa vive inquiétude face à la dégradation de la situation socio‑économique à Cuba, marquée par une grave crise énergétique. Lors d’un point de presse à Genève, sa porte-parole a souligné l’impact des mesures américaines et de l’embargo financier et commercial. Selon l’institution, ces facteurs combinés affectent directement la population et fragilisent l’accès aux services essentiels dans l’île.
Appel à lever les mesures sectorielles unilatérales
"Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, Volker Türk, réitère son appel à tous les États pour qu'ils lèvent les mesures sectorielles unilatérales, compte tenu de leurs répercussions importantes et indiscriminées sur la population", a déclaré la porte-parole, Marta Hurtado. "Des objectifs politiques ne sauraient justifier des actions qui, en elles-mêmes, violent les droits humains", a-t-elle ajouté, en insistant sur les conséquences directes pour les habitants de l’île.
Le Haut-Commissariat estime que ces sanctions engendrent des difficultés économiques et affaiblissent la capacité de l’État à remplir ses responsabilités fondamentales. "Cela accroît le risque de troubles sociaux à Cuba", a relevé Mme Hurtado. Le pays communiste, qui compte 9,6 millions d’habitants, est décrit comme très vulnérable depuis la fin de l’approvisionnement en pétrole vénézuélien et face aux menaces américaines de droits de douane.
Crise énergétique et conséquences sur les droits humains
"Nous sommes extrêmement inquiets de l'aggravation de la crise socio-économique à Cuba, dans un contexte d'embargo financier et commercial qui dure depuis des décennies, de phénomènes météorologiques extrêmes et des récentes mesures américaines restreignant les livraisons de pétrole", a indiqué Mme Hurtado. Cette situation, a-t-elle fait valoir, "a des répercussions de plus en plus graves sur les droits humains de la population cubaine".
Cet avertissement intervient au lendemain de l’arrivée à Cuba d’une aide humanitaire promise par le Mexique, tandis que d’autres pays, dont la Russie, ont exprimé leur intention d’envoyer de l’aide. "Étant donné la dépendance des systèmes de santé, d'alimentation et d'approvisionnement en eau aux combustibles fossiles importés, la pénurie actuelle de pétrole met en péril la disponibilité des services essentiels" à Cuba, a souligné Mme Hurtado.
"L'accès aux biens et services essentiels, y compris à l'alimentation, à l'eau, aux médicaments, ainsi qu'à un approvisionnement suffisant en carburant et en électricité, doit toujours être garanti, car ils sont fondamentaux (...) pour le droit à la vie et la possibilité de jouir de nombreux autres droits", a-t-elle insisté. La Havane accuse le président américain Donald Trump de vouloir "asphyxier" l’économie. Des mesures d’urgence sont en vigueur depuis lundi, et la pénurie a conduit à réduire le personnel hospitalier et suspendre des opérations non essentielles.