Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS, ce lundi 13 avril, le journaliste et écrivain, Franz-Olivier Giesbert a vivement critiqué le fonctionnement actuel de l’Union européenne consistant à ce que "tous les pays pensent pareil". Pour lui, "l’Europe sera forte quand elle acceptera d’être l’Europe des nations".
La défaite de Viktor Orbán en Hongrie ne doit pas être surinterprétée à l’échelle européenne. Invité de la Grande Interview Europe 1-CNEWS ce lundi 13 avril, Franz-Olivier Giesbert a relativisé la portée politique de cet événement, tout en livrant une critique du fonctionnement actuel de l’Union européenne.
Pour le journaliste et écrivain, il s’agit avant tout d’un tournant interne à la Hongrie. L’arrivée au pouvoir de Péter Magyar, plus jeune et présenté comme pro-européen, marque selon lui un renouvellement logique après seize années de pouvoir d’Orbán. "C’est une histoire locale", rappelle-t-il, estimant qu’il était inévitable, en démocratie, de voir émerger une alternance après une telle longévité politique. "Un peu d’air frais, ça va faire du bien", ajoute-t-il, se disant "très heureux pour la Hongrie".
Une critique du fonctionnement européen
Mais au-delà du cas hongrois, Franz-Olivier Giesbert s’attaque surtout à la ligne politique de l’Union européenne. Selon lui, la stratégie consistant à isoler ou stigmatiser Viktor Orbán a été inefficace. "Désigner du doigt Viktor Orbán n’était pas une bonne politique, la preuve ça n’a pas marché", estime-t-il.
Plus largement, l’écrivain dénonce une vision trop uniformisatrice de l’Europe. "La politique européenne qui consiste à vouloir que tout le monde pense pareil, c’est idiot", affirme-t-il sans détour. À ses yeux, cette logique affaiblit le projet européen en niant ce qui fait sa richesse : la diversité des nations qui la composent.
Revenir à l’Europe des nations
Franz-Olivier Giesbert défend ainsi une conception plus souple et plus enracinée de l’Union. "L’Europe sera très forte quand elle acceptera d’être l’Europe des nations", martèle-t-il. Se revendiquant lui-même européen, il insiste toutefois sur la nécessité de préserver les identités et les spécificités propres à chaque pays.
"On est des vieilles nations et ensemble on fait l’Europe", rappelle-t-il, plaidant pour un retour à une conception plus originelle du projet européen. Enfin, il critique également une certaine uniformisation culturelle et linguistique, pointant notamment l’usage généralisé de l’anglais au sein des institutions.