Les députés britanniques rejettent l'accord de Theresa May : pro et anti-Brexit ont laissé éclater leur joie, mais pas pour les mêmes raisons

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Brexit manifestants devant le parlement britannique 1280 1:25
© Tolga AKMEN / AFP
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Le rejet de l'accord de divorce par Westminster laisse espérer aux pro-européens la tenue d'un second référendum sur le Brexit, tandis que les partisans du "leave" y voient le signal d'une sortie sèche, à quelques jours de la date butoir. 
REPORTAGE

Theresa May, la Première ministre britannique, a essuyé mardi une nouvelle défaite. Les députés britanniques ont rejeté l'accord qu'elle a négocié avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, par 391 voix contre 242. Dans la soirée, militants pro et anti-Brexit se sont réunis devant le parlement, les deux camps criant... "victoire", à seulement 17 jours de la date officielle de sortie.

"On fait la fête ce soir." À l’annonce des résultats, les militants pro-européens, chauffés à blanc devant le palais de Westminster, ont laissé éclater leur joie. Le rejet de l'accord va certainement engendrer une extension des négociations avec les instances européennes. Pour eux, c’est un premier pas vers un second référendum. "On fait la fête ce soir parce qu’on pense que c’est le début de la fin du Brexit", se félicite Richard, une bouteille de champagne à la main.

"L'accord de Theresa May a été rejeté, demain l’option d’une sortie sans accord sera aussi rejetée et, à l'arrivée, il ne restera plus sur la table que l’option de rester dans l’Union européenne", assure Luke. "Nous n’avons plus beaucoup de temps pour revenir sur notre décision, donc je veux dire aux dirigeants de l’Union européenne : 's’il vous plait, donnez-nous cette extension' !"

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Une sortie sans accord. En face, Paul, militant pro-Brexit, espère que le Royaume uni sortira de l’UE comme promis, le 29 mars. "Ils essayent de nous faire peur, car c’est comme ça qu’ils espèrent remporter un second référendum", relève-t-il. Ce Britannique est aussi satisfait de la défaite de Theresa May, car il veut une sortie sèche, c’est-à-dire sans accord, un scénario catastrophique selon les entreprises britanniques et nombre d'économistes. "Personne ne sait vraiment ce qui se pourra se passer. Peut-être que ce sera difficile pendant quelques mois mais nous nous en sortirons, et nous pourrons faire du commerce avec le reste du monde", assure Paul.

Les députés britanniques, quant à eux, doivent se prononcer mercredi sur l’option d’une sortie sans accord le 29 mars.

Europe 1
Par Anaïs Cordoba, corrrespondante d'Europe 1 à Londres, édité par Romain David