Le Zimbabwe attend toujours les résultats de la présidentielle, crainte de nouvelles violences

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Le ministre de l'Intérieur, Obert Mpofu, a averti que son gouvernement "ne tolérera pas" la contestation de l'opposition dans la rue.
Le ministre de l'Intérieur, Obert Mpofu, a averti que son gouvernement "ne tolérera pas" la contestation de l'opposition dans la rue. © JEKESAI NJIKIZANA / AFP
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Alors que des résultats partiels donne la victoire au Zanu-PF, des violences ont éclaté mercredi entre forces de l'ordre et partisans de l'opposition. 

Des violences opposant forces de l'ordre et partisans de l'opposition ont fait trois morts mercredi à Harare, après l'annonce contestée de résultats partiels des premières élections au Zimbabwe depuis la chute de Robert Mugabe, au pouvoir pendant près de quarante ans.

Avertissement du gouvernement. La police a confirmé "la mort regrettable de trois personnes pendant les émeutes et la mêlée" dans le centre de la capitale Harare. Mais en soirée, le ministre de l'Intérieur, Obert Mpofu, a averti que son gouvernement "ne tolérera pas" la contestation de l'opposition dans la rue et s'est engagé à réprimer de nouvelles manifestations. "Nous ne tolérerons pas les agissements que nous avons observés aujourd'hui", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, avertissant l'opposition qu'elle ferait "une grosse erreur" en prenant l'attitude du gouvernement pour de la "faiblesse".

Des manifestants mécontents de l'annonce des résultats. Au moins un manifestant a été tué par les tirs à balle réelle des militaires. Un homme touché à l'estomac a ainsi succombé à ses blessures. Auparavant, la police avait fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau pour tenter de disperser la foule massée devant des bureaux temporaires de la commission électorale, qui a riposté à coups de pierre. "On ne veut pas les soldats dans la rue. Ils ne vont pas nous faire taire avec leurs fusils", a assuré Beridge Takaendesa, un ancien agent immobilier de 43 ans, mécontent de l'annonce des résultats, encore partiels, donnant la victoire aux législatives du parti au pouvoir au Zimbabwe depuis 1980, la Zanu-PF.

Des barricades ont été érigées dans la ville avec des blocs de béton et des pierres. Des policiers anti-émeutes bloquaient l'accès au siège du principal parti de l'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), tandis que des véhicules militaires patrouillaient en ville. "Aujourd'hui, nous avons vu le déploiement de chars et des tirs à balle réelle sans raison apparente", a dénoncé le porte-parole du MDC, Nkululeko Sibanda, qui a condamné "la brutalité dont nous avons été victimes aujourd'hui sans aucune raison". Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé en novembre à Robert Mugabe, avait déclaré vendredi qu'il tenait l'opposition pour "responsable" de toute perte humaine lors de manifestations post-électorales.

Le Zanu-PF vainqueur selon des résultats partiels. Selon ces résultats publiés par la commission électorale (ZEC), sur 205 des 210 circonscriptions du pays, la Zanu-PF obtient 144 sièges, ce qui lui assure la majorité à la chambre basse, tandis que le MDC (Mouvement pour le changement démocratique) rafle 61 sièges. Les résultats officiels de la présidentielle, opposant Emmerson Mnangagwa et le leader de l'opposition Nelson Chamisa, ne sont pas encore connus, mais ce dernier a affirmé qu'ils étaient en train d'être truqués. La commission électorale "cherche à publier des résultats (partiels, ndlr) pour gagner du temps et inverser la victoire du peuple à l'élection présidentielle", a-t-il affirmé sur son compte Twitter, avant de réaffirmer: "Nous avons remporté le vote populaire et nous le défendrons".