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Le gaz européen au plus haut depuis décembre 2022, le pétrole recule

[Jean-Marc Barrère / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP]

Les prix du gaz en Europe ont atteint mardi leur plus haut niveau depuis près de quatre ans, portés par les perturbations des approvisionnements en provenance du Golfe et des stocks européens inférieurs aux niveaux habituels, à l'approche de l'hiver. 

Le cours du gaz européen est monté mardi 13 octobre à son plus haut niveau depuis décembre 2022, dopé par les ruptures d'approvisionnement en provenance du Golfe et des réserves allemandes faibles, tandis que le pétrole recule après être fortement monté lundi 12 octobre.

Vers 09h55 GMT, le contrat à terme du TTF néerlandais, référence du gaz pour l'Europe, grimpait de 2,17 %, à 86,19 euros le mégawattheure, après s'être affiché au plus haut à 86,79 euros vers 08h30 GMT.

"Le marché se confronte à l'idée que nous nous apprêtons à traverser une grande partie de l'hiver dans l'hémisphère nord avec très peu d'approvisionnements en gaz naturel liquéfié (GNL) provenant du golfe Persique", ont souligné les analystes d'ING.

Des stocks européens remplis qu'à 73,75%

La guerre au Moyen-Orient a notamment perturbé la production et les exportations de GNL du Qatar. En outre, la perte durable d'une partie de l'offre alimente une concurrence accrue entre acheteurs asiatiques et européens, deux régions importatrices de gaz, ce qui fait monter les prix.

À l'approche de l'hiver, les stocks européens ne sont remplis qu'à 73,75%, soit "en dessous des 83 % observés au même stade l'an dernier et également en dessous de la moyenne sur cinq ans, qui est de 89 %", ont précisé les analystes d'ING. L'Allemagne notamment est très en dessous de la moyenne avec des stocks remplis à seulement 59,96 %, selon la plateforme européenne Aggregated Gas Storage Inventory (AGSI).

Le pétrole recule après l’assouplissement des sanctions sur les exportations russes

En revanche, côté pétrole, vers 10h15 GMT (11h15 à Paris), le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en décembre, perdait 1,92 %, à 104,60 dollars. Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate (WTI), pour livraison en novembre, tombait de 2,08 %, à 91,79 dollars.

Ce retrait des cours du brut serait lié à "la prise en compte tardive de l'effet à très court terme" de l'accord sur la fourniture par la Russie de gazole aux États-Unis, a estimé auprès de l'AFP John Plassard, chef de la stratégie d'investissement chez Cité Gestion Private Bank.

Lundi, l'effet avait notamment été éclipsé par les attaques des Houthis du Yémen en Arabie saoudite, mais la levée de certaines sanctions américaines sur les exportations russes de pétrole favorise un soulagement des prix de l'or noir.

Donald Trump avait annoncé vendredi un tel accord visant à calmer les prix du gazole, qui ont atteint des records aux États-Unis, et qui sont un enjeu politique majeur juste avant les élections législatives de mi-mandat prévues le 3 novembre. "La volatilité va rester très forte dans les prochains jours", a affirmé John Plassard, avec de nombreux risques haussiers pesant encore sur le marché.