La tapisserie de Bayeux se dévoile enfin aux visiteurs du British museum. Pendant presqu'un an, les Anglais pourront observer les 70 mètres de la tapisserie et découvrir ses trésors cachés.
Une image symbolique et l'amorce d'un dialogue : Emmanuel Macron se rend mercredi à Londres afin de dévoiler la tapisserie de Bayeux prêtée au British Museum et faire la connaissance du nouveau Premier ministre Andy Burnham pour consolider le récent rapprochement franco-britannique.
Pendant quelques mois, 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027, les Britanniques pourront observer la toile retraçant l'épopée militaire de Guillaume le Conquérant dans sa conquête de l'Angleterre, entre 1064 et 1066. Un épisode de l'histoire retracé sur 70 mètres de long et en 58 scènes chronologiques, alors de la mort d'Edouard le Confesseur jusqu'à la bataille d'Hastings, dont l'enjeu pour Guillaume le Conquérant était alors le trône d'Angleterre.
Les visiteurs du British Museum pourront s'attarder pendant des heures sur les quelques 623 personnages, 994 animaux, 41 navires ou encore 37 bâtiments présents sur la tapisserie. Mais ils noteront également que l'œuvre n'est pas terminée.
Un transfert entièrement financé par le Royaume-Uni
"C'est à nous d'écrire le prochain chapitre, dans un esprit de respect, de confiance et d'alliance renouvelée" entre la France et le Royaume-Uni, avait dit en juillet dernier Emmanuel Macron.
Ce transfert, entièrement financé par le Royaume-Uni pour un montant non dévoilé, a donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutent la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.
Pour relever ce défi logistique, plusieurs études techniques ont été nécessaires et deux voyages tests avaient été entrepris avec une reproduction grandeur nature de la tapisserie.
Selon ses concepteurs, le double caisson dans lequel l'œuvre a pris place permet de réduire de 96% les vibrations liées au transport - un des principaux risques - et de la maintenir à une température de 20°C et à 50% de taux d'humidité.
Une caution à 900 millions d'euros
Si l'œuvre a quitté son traditionnel musée pour la première fois depuis 1983, c'est parce que son lieu de conservation entre en travaux. L'occasion parfaite pour déplacer la tapisserie alors qu'un déplacement en Grande-Bretagne avait été évoqué par deux fois dans le passé, la première en 1953 pour le couronnement de la reine Elizabeth II et en 1966 pour le 900e anniversaire de la bataille d'Hastings.
Signe de la valeur de cette pièce unique, le Royaume-Uni s'est engagé à verser 800 millions de livres (environ 917,9 millions d'euros) en cas de dégradation majeure de la tapisserie. A son retour en France courant 2027, la tapisserie devrait retrouver son musée de Bayeux avant de faire l'objet d'une délicate rénovation, prévue de longue date et plusieurs fois repoussée.