La Russie et l'Ukraine s'accusent d'attaques de drones sur la centrale de Zaporijjia

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avec AFP // Crédit photo : Dmytro Smolyenko / NurPhoto / NurPhoto via AFP
La Russie et l'Ukraine se sont mutuellement accusées d'avoir attaqué la centrale nucléaire de Zaporijjia à l'aide de drones dimanche et encore ce lundi. L'Agence internationale de l'énergie atomique a dénoncé "un incident grave pouvant potentiellement porter atteinte à l'intégrité de l'enceinte de confinement du réacteur".

Moscou et Kiev se sont accusées mutuellement lundi d'avoir attaqué à l'aide de drones la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par la Russie dans le sud de l'Ukraine et cible périodiquement de dangereux bombardements. Cette centrale nucléaire, la plus grande d'Europe avec six réacteurs, a été visée par plusieurs drones dimanche, puis à nouveau par un engin lundi, selon son administration installée par Moscou.

La centrale de Zaporijjia est fréquemment prise pour cible

"Les tentatives des forces armées ukrainiennes d'attaquer la centrale nucléaire de Zaporijjia se poursuivent", a-t-elle indiqué sur Telegram, évoquant "un drone kamikaze abattu au-dessus de la centrale" qui est "tombé sur le toit" du réacteur numéro 6, sans constituer de danger pour l'installation. La veille, l'agence atomique russe Rosatom avait rapporté qu'un drone s'était écrasé sur la cantine de la centrale, faisant trois blessés, et d'autres sur un quai de chargement et sur le toit de l'un des réacteurs.

L'Ukraine a de son côté accusé la Russie de diffuser de "fausses" informations et assuré que ce sont les forces russes qui attaquaient elles-mêmes avec des drones la centrale qu'elles occupent depuis mars 2022. Le chef du centre ukrainien de lutte contre la désinformation, Andriï Kovalenko, a mis en cause une "campagne de provocation et de falsification" de la Russie visant à faire croire "que la menace pour la centrale et la sécurité nucléaire vient de l'Ukraine".

Un porte-parole du renseignement ukrainien, Andriï Ioussof, a auparavant accusé Moscou de procéder à des "frappes simulées". "L'Ukraine n'a rien à voir avec la moindre provocation armée dans l'enceinte de la centrale", a-t-il assuré dimanche.

 

L'AIEA a dénoncé une "escalade majeure"

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui dispose d'une équipe d'experts sur le site de la centrale, avait dénoncé dimanche après la première attaque une "escalade majeure" et "un incident grave pouvant potentiellement porter atteinte à l'intégrité de l'enceinte de confinement du réacteur".

Elle avait indiqué sur X que ses experts avaient "confirmé les impacts physiques d'attaques de drones à la centrale de Zaporijjia ce jour, y compris sur l'un de ses six réacteurs", sans les attribuer nommément à l'Ukraine. Selon son directeur Rafael Grossi, il y a eu dimanche "au moins trois impacts directs sur les principales structures de confinement" de la centrale. Contrairement à Rosatom, l'AIEA n'a fait état que d'un blessé.

Rosatom a appelé l'AIEA et les pays de l'Union européenne à "condamner catégoriquement l'escalade". Andriï Kovalenko a lui accusé la Russie de "manipuler les préoccupations de l'AIEA". La centrale de Zaporijjia, qui ne produit plus d'électricité, a été visée par des frappes et bombardements à de multiples reprises depuis plus de deux ans, pour lesquelles Moscou et Kiev se sont toujours rejetés la responsabilité.