Régis Le Sommier, Europe 1, 1280 2:45
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Grégoire Duhourcau
Régis Le Sommier, directeur adjoint de "Paris Match", a rencontré la fiancée de Jamal Khashoggi. Il a raconté à Nikos Aliagas sur Europe 1, les coulisses de cette interview, face à une femme encore effondrée.
INTERVIEW

Le meurtre de Jamal Khashoggi le 2 octobre dernier à Instanbul est "une affaire internationale énorme". Ce jour-là, le journaliste saoudien est entré au consulat d'Arabie saoudite à Istanbul et n'en est jamais ressorti. Sa fiancée, Hatice Cengiz, est "une personne clé dans cette affaire", explique au micro de Nikos Aliagas sur Europe 1 Régis Le Sommier, directeur adjoint de Paris Match qui l'a interviewée.

"Ils devaient se marier le lendemain." "Elle a accompagné Khashoggi jusqu’aux portes du consulat", raconte-t-il. Il s'y rendait pour obtenir un document "qui prouvait son divorce", lui permettant ainsi d'épouser Hatice : "Ils devaient se marier le lendemain."

Ne voyant pas ressortir son mari après plusieurs heures d'attente, elle décide d'appeler le consulat. Un homme est alors sorti pour lui signifier que plus personne ne se trouvait à l'intérieur du bâtiment. Régis Le Sommier reprend alors les mots de Hatice Cengiz pour lui raconter la scène : "C’est en regardant le visage de cet employé, son agressivité, sa surprise de me retrouver là que j'ai compris que quelque chose s'était passé." Mais à ce moment-là, elle n'avait pas "notion de la mesure du crime".

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"Il craignait surtout qu’on lui prenne son passeport." "Elle savait que Jamal Khashoggi était menacé" avant que cela n'arrive, mais il s'était déjà rendu une première fois au consulat quelques jours plus tôt. Un rendez-vous lui avait alors été donné le 2 octobre, à 13h. "Il craignait surtout qu’on lui prenne son passeport."

Aujourd'hui, Hatice Cengiz "est encore sous surveillance" car "elle reste dans l'équation Khashoggi" : "Il y a une enquête qui est cours, dans laquelle d'ailleurs, les Saoudiens ne sont pas très coopératifs. Il y a un procès qui est en cours. Il s'avère qu'un certain nombre des principaux intéressés ne sont pas dans le box des accusés et que ce sont plutôt, encore une fois, des sous-fifres qui vont payer." Régis Le Sommier rappelle que "c'est un sujet extrêmement sensible dans les relations internationales" et qu'"une enquête a été diligentée par l'ONU" : "La mort de Khashoggi a fait plus que la guerre au Yemen pour montrer la nature du régime saoudien."

"Elle s'est effondrée en larmes plusieurs fois" pendant l'interview. Quatre mois plus tard, Hatice Chengiz, de son côté, "n'a pas du tout fait son deuil". "C'est impossible pour elle pour le moment de se recomposer" et "elle s'est effondrée en larmes plusieurs fois" pendant l'interview : "On ne sait pas actuellement où est le corps de Jamal Khashoggi. (...) C'est impossible pour elle de faire son deuil tant qu'elle ne récupérera pas le corps."