Mexico a organisé son dixième défilé du Jour des Morts, inspiré de la scène d'ouverture de "007 Spectre", avec squelettes géants, chars et une Catrina haute comme onze étages. Le gouvernement espère plus d'un demi-million de visiteurs, au risque, selon un universitaire, de dénaturer la tradition.
Squelettes gigantesques, chars spectaculaires, plumes et visages masqués : Mexico organise son dixième défilé du Jour des Morts, inspiré de la scène d'ouverture du film "007 Spectre". Musiciens et acrobates, en nombre, ont transformé les avenues du centre de la capitale mexicaine en carnaval.
Ce défilé précède les célébrations du Jour des Morts, "El Dia de los Muertos", qui se déroulent les 1er et 2 novembre. Mélange de rites préhispaniques et de fêtes chrétiennes, la fête coïncide avec la Toussaint, suivie du jour des défunts. La population "fait revenir" les disparus, les couvre d'offrandes sous forme de fleurs et de victuailles et fait parader leurs ossements dans les rues.
James Bond a changé la tradition
"007 Spectre", de Sam Mendes (2015), a modifié la tradition : le film s'ouvre sur l'espion britannique, joué par Daniel Craig, qui marche au milieu d'une foule en costumes de morts et de squelettes géants dans le centre de Mexico. "Tout le monde a commencé à me demander : quand a lieu le défilé ?", a raconté à l'AFP Miguel Angel Mancera, maire de la ville de 2012 à 2018 et premier à l'avoir organisé. "Ça a été une aventure."
Certaines figures monumentales du tournage ont été réutilisées pour la première édition, en 2016. "Maintenant, c'est devenu quelque chose de vraiment, vraiment grand c'est quelque chose dont je suis vraiment très fier", a-t-il ajouté.
Une Catrina haute comme onze étages
L'édition 2026 est marquée par une colossale Catrina, squelette féminin richement vêtu, d'une hauteur équivalente à onze étages, érigée place de la Constitution, le Zocalo. Le gouvernement de la capitale espère plus d'un demi-million de touristes, nationaux et étrangers, cette année. Le défilé coïncide avec le week-end du Grand Prix de Formule 1.
D'une fête "plus intime nous sommes passés aujourd'hui à un événement massif", analyse Roberto Montalvo, universitaire à l'Universidad Iberoamericana. L'affluence de touristes sature certains cimetières et empiète sur l'espace privé des familles. "Allons-nous adapter la visite au rituel ou le rituel s'adapte-t-il au visiteur ?", s'interroge le spécialiste.