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Joël Soudron, l'un des narcotrafiquants français les plus recherchés, a été interpellé au Panama

Une vidéo diffusée montre l'homme, vêtu d’une tenue orange, menotté et encadré par des policiers. [Mauricio VALENZUELA / AFP]

En cavale depuis 2018, Joël Soudron, figure majeure du narcotrafic antillais, a été interpellé au Panama le 29 mars, mettant fin à huit années de fuite. Ce Français de 46 ans figurait parmi les criminels les plus recherchés, notamment sur la liste "Most Wanted" d'Europol.

L'arrestation a été annoncée par les autorités panaméennes, qui ont interpellé le fugitif sur l'avenue Balboa. Une vidéo diffusée montre l'homme, vêtu d’une tenue orange, menotté et encadré par des policiers. Il faisait l'objet d'une notice rouge et était activement recherché pour des faits liés à l'importation et au transport de stupéfiants.

Aprehendimos a un ciudadano de nacionalidad francesa en la avenida Balboa, quien era requerido por su país mediante una notificación roja por delitos relacionados con la importación y el transporte de estupefacientes. #SinTregua pic.twitter.com/0qVOJURjxY

— Policía Nacional (@policiadepanama) March 31, 2026

Le parquet de Paris a confirmé son interpellation, précisant qu'elle s’inscrivait dans le cadre d'un dossier de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) portant sur un vaste trafic de cocaïne par conteneurs. Des démarches d'extradition sont désormais engagées.

Dès décembre 2021, son visage avait été largement diffusé dans le cadre de la campagne "Most Wanted" d'Europol. Sur le cliché relayé par les enquêteurs, Joël Soudron apparaissait crâne rasé, barbe et moustache soigneusement taillées, vêtu d'une djellaba sombre aux liserés bleus.

Un fugitif aux multiples identités

Né le 27 avril 1979 en Guadeloupe, Joël Soudron vivait sous plusieurs alias, dont Max Bernard Honorat Dalon, James Olivier Kane ou encore Jamal Olivier Kane. Il s'était évadé en septembre 2018 de la prison de Réau (Seine-et-Marne), profitant d’une permission de sortie.

Considéré comme un trafiquant international "très discret" et "réfléchi" par les enquêteurs de la Brigade nationale de recherche des fugitifs, il disposait d'importants moyens financiers et menait une vie en marge des radars, sans exposition sur les réseaux sociaux.

Au cœur d'un vaste trafic entre Antilles et métropole

Les investigations remontent notamment à novembre 2011, lorsqu'une saisie de 231 kg de cocaïne est effectuée au port du Havre sur un conteneur en provenance de Guadeloupe. Une livraison surveillée permet ensuite d'interpeller plusieurs suspects.

Dans la foulée, une opération menée à Baie-Mahault aboutit à la découverte de 272 kg de cocaïne et près de 285.000 euros dans les locaux d'une société impliquée dans le transport. Les enquêteurs établissent qu'entre 2005 et 2011, entre 20 et 30 convois de drogue ont été organisés, dont six pour la seule année 2011.

Joël Soudron est alors identifié comme le chef d'orchestre du réseau, épaulé notamment par une complice chargée de l'expédition via des sociétés de déménagement, et par un autre individu responsable de la réception en métropole.

Interpellé en 2016 au Mali, il est extradé vers la France pour purger une peine de six ans de prison prononcée dans une autre affaire de trafic de stupéfiants. Moins de deux ans plus tard, il disparaît après sa permission de sortie, relançant une traque internationale.

En parallèle, les enquêteurs soupçonnent un vaste système de blanchiment. Les profits, estimés à plusieurs dizaines de millions d’euros, auraient été réinvestis dans l'économie légale, notamment en Afrique francophone, dans des secteurs comme l'immobilier ou l’événementiel, via des prête-noms et des sociétés écrans.

Un empire opaque et tentaculaire

Selon plusieurs éléments d'enquête, Joël Soudron aurait constitué un patrimoine important, notamment à travers des sociétés offshore et des investissements dans des juridictions réputées pour leur opacité financière.

Il était également recherché par les autorités d'Antigua-et-Barbuda, où des biens lui appartenant auraient été identifiés dans le cadre d'une affaire de blanchiment. Deux corps avaient été découverts dans une propriété liée à son réseau, renforçant les soupçons autour de ses activités.

Enfin, l'information judiciaire sur les convois de drogue a conduit, en septembre 2025, au renvoi de Joël Soudron devant le tribunal correctionnel pour de multiples chefs d'accusation, dont trafic de stupéfiants, blanchiment, détention d’armes et association de malfaiteurs. Huit autres personnes doivent également être jugées dans ce dossier.