Le président de la commission électorale israélienne a assuré que les soupçons de fraude ne remettraient pas en cause les résultats des législatives du 27 octobre. Une enquête est en cours sur d'éventuels financements étrangers destinés à acheter des voix.
Les soupçons d'irrégularité ne remettront pas en cause les résultats des législatives du 27 octobre, a assuré le président de la commission électorale, le juge Noam Sohlberg, dans une déclaration filmée. Il a confirmé qu'une enquête était en cours sur ces accusations de fraude.
"Les soupçons qui nous ont été présentés sont graves. Nous les examinerons jusqu'au bout", a déclaré le magistrat, en référence aux accusations d'achat de voix via des financements étrangers, relayées par le camp du Premier ministre Benjamin Netanyahu. "Notre position est que, même si les soupçons venaient à être confirmés, cela ne remettrait pas en cause la régularité du processus électoral ni les résultats des élections dans leur ensemble", a-t-il ajouté.
Au lendemain du scrutin, la commission avait demandé aux services de renseignement intérieur (Shin Bet) d'ouvrir une enquête.
Entouré du chef du Shin Bet et de la procureure de l'État, Noam Sohlberg a précisé que les soupçons portaient sur "des financements provenant de l'étranger, destinés à influencer le processus électoral, et susceptibles de présenter également une dimension sécuritaire". Cette enquête ne doit "en aucun cas jeter le discrédit sur le vote de la communauté arabe", a-t-il insisté.
Les listes arabes, au cœur des accusations
Le scrutin a été marqué par une percée spectaculaire des deux listes arabes, Raam et la Liste unifiée, qui ont obtenu à elles seules 19 sièges, selon les résultats définitifs. Jeudi, ces formations ont été visées par des accusations relayées par le camp de Benjamin Netanyahu : des responsables et des médias ont affirmé qu'elles étaient soupçonnées d'avoir reçu des fonds du Qatar pour financer l'achat de voix. Doha et les partis arabes ont rejeté ces accusations. Le chef de Raam, Mansour Abbas, a accusé le Premier ministre de "mentir".
Mardi, la police avait annoncé l'arrestation, dans la nuit, de trois personnes en possession d'enveloppes et d'argent liquide, soupçonnées d'avoir tenté d'acheter des voix au profit de Raam, qui nie toute implication. Dimanche, le tribunal de Beersheva a ordonné la remise en liberté de l'un des suspects, prolongé la détention provisoire d'un deuxième et placé un troisième en résidence surveillée.
Eisenkot dénonce une volonté de "délégitimer" le scrutin
Le principal rival de Benjamin Netanyahu, Gadi Eisenkot, qui pourrait solliciter le soutien des formations arabes pour former un gouvernement, a dénoncé les propos du Premier ministre, affirmant qu'il cherchait "à délégitimer les résultats des élections". Les résultats officiels doivent être publiés mercredi et transmis au président Isaac Herzog. Celui-ci recevra les formations élues en consultation, puis chargera l'un des chefs de parti de tenter de former un gouvernement, aucun parti ne disposant de la majorité.